Cyclisme

Les doutes s’insèrent dans les esprits et le moins qu’on puisse dire est que, si soi-disant personne n’y croit vraiment, l’affaire des vélos motorisés semble pourtant prise très au sérieux. Dans la presse italienne, Marco Bognetti, un ancien membre de la commission technique et consultant actuel de Jean Wauthier, conseiller officiel de l’UCI dans cette matière, révèle que l’UCI avait manifestement la puce à l’oreille depuis la G rande Boucle de l’année dernière. "Il est vrai que la suspicion d’utilisation d’un vélo à pédalage assisté tourne autour de quelques équipes et de certains coureurs , dit Marco Bognetti dans "L’Avenirre" et dans "Il Giornale". On a commencé à en entendre parler en juillet 2009, pendant le dernier Tour de France. Mais la toute première rumeur provenait des Etats-Unis. C’est comme ça qu’on a sonné l’alarme."

Néanmoins, si, au départ des étapes du Tour, des vélos étaient bien contrôlés (selon un hasard dirigé, dirons-nous, car nous avons régulièrement vu celui d’Armstrong chez les commissaires), c’était presque uniquement par rapport au poids et aux normes techniques. "D’après ce que nous savons , poursuit Bognetti, un tel moteur permet un apport de 60 à 100 watts, ce qui constitue un avantage énorme dans la finale d’une course. Des contrôles ont déjà été instaurés, d’autres sont programmés. Les techniciens travaillent sur un scanner spécial qui permettrait de débusquer un moteur caché dans un cadre. En réalité, tous les vélos seront bientôt contrôlés dans les grandes courses."

Pour rappel, un reportage récent de la "Rai" décortiquant l’apport du mécanisme - une batterie cachée dans le cadre du vélo, actionnable par un bouton sur le guidon - et une vidéo sur YouTube se focalisant sur des échappées troublantes de Cancellara ont fait du Suisse le centre de la controverse. "À dire vrai, je n’ai pas trop envie de m’épancher sur le sujet, confie "Spartacus", depuis son domicile bernois. Avec un peu de chance, je devrai bientôt convoquer la presse pour une conférence sur ce sujet ridicule alors que cela n’en vaut pas la peine. Je peux vous affirmer que je n’ai jamais eu de batterie sur mon vélo. Mes victoires sont la conséquence d’un dur labeur, un point c’est tout. Et puis, un tel mécanisme ne passerait quand même pas inaperçu, cela ferait du bruit, non ? Cette rumeur prêterait volontiers à rire si je ne savais pas qu’elle fera des dégâts partout où elle passera. C’est donc une triste histoire, qui ne vaut pas beaucoup de commentaires de ma part."