Il y a douze mois, Philippe Gilbert avait fait impression sur la Flèche brabançonne. Sur l’épreuve qui sert de transition entre les classiques flamandes et les Ardennaises, il avait attaqué, misé sur une course offensive. Avant de se faire reprendre par le peloton puis de parvenir à s’imposer au sprint, devançant le pourtant très rapide Michaël Matthews. Double vainqueur de la Flèche brabançonne, à chaque fois sur le nouveau parcours, le Liégeois aime cette course, sur laquelle il s’était classé deuxième en 2008 (sur l’ancien tracé) et en 2013, quand il n’avait été battu que par Sagan.

Le Liégeois y revient à nouveau motivé. Avec le dossard numéro 1. "Je pense qu’il y a un grand favori : Philippe Gilbert", clame d’ailleurs Bart Leysen, le directeur sportif de Lotto-Soudal, qui misera sur Gallopin et Lightart. "BMC devra porter le poids de la course et il est l’homme à battre."

Qu’en pense Yvon Ledanois, le directeur sportif de BMC ? Dans quel état de forme est Philippe Gilbert, juste avant le triptyque Amstel Gold Race, Flèche wallonne et Liège-Bastogne-Liège ? "Je pense qu’il est prêt pour ses objectifs, pour ses classiques, raconte le Français. Il était déjà arrivé dans un état de forme plus qu’avancé au Tour du Pays Basque, où je l’ai suivi. On a eu de la chance d’avoir du beau temps toute la semaine. Il s’y est fait plaisir. Il n’avait pas d’objectif personnel pour le classement général. Peut-être pour des étapes, mais vu le relief, c’était compliqué pour lui."

Chute sans séquelles

Gilbert s’y est classé cinquième d’une étape. "Il a démontré qu’il est prêt. Sa chute à Milan San Remo n’a eu aucune conséquence." Pour Yvon Ledanois, dont le fils Kevin est passé pro chez Bretagne-Séché après une prometteuse saison 2014 chez les espoirs, l’ancien champion du monde est parfaitement dans les temps pour faire parler son punch dans les côtes.

"Il était déjà motivé avant le Tour du Pays Basque, il l’est encore plus maintenant, car il arrive dans les dix jours qui représentent ses objectifs majeurs de la saison", poursuit le directeur sportif. "Pour Phil, le Tour du Pays Basque était un passage obligé, car les côtes, courtes et pentues, y sont similaires à celles des Ardennaises, surtout celles de l’Amstel. Cette Flèche brabançonne est aussi idéale pour lui. Certains favoris de l’Amstel ou de Liège préfèrent faire l’impasse sur la course de ce mercredi. Pas Gilbert."