BRUXELLES C'est le nouveau nom à la mode dans le peloton depuis quelques semaines, et il faudra probablement s'y familiariser avec les années à venir. Quinze jours après avoir remporté la Bicyclette Basque, José Antonio Pecharroman (âgé de 25 ans) a remis le couvert en posant sa domination sur le Tour de Catalogne. Répertorié à la... 643e place mondiale avant le début de l'actuelle saison, le coureur espagnol originaire de Caceres, dans la Rioja célèbre pour ses vins, a, depuis, résolument gravi les échelons. Emargeant à la petite équipe Paternina-Costa de Almeria, celui que certains considèrent comme le successeur potentiel de Miguel Indurain vit un véritable conte de fées. «Je suis sur un nuage mais je garde les pieds sur terre, explique-t-il encore timidement. J'ai dû passer par beaucoup de galères pour arriver à ces succès généralement réservés aux grands du peloton. Je dédie la victoire à mon père, qui est décédé il y a quelques mois, et à ma mère, qui souffre chaque fois que je monte sur un vélo. Et aussi à mes coéquipiers, sans qui mes victoires n'auraient pas été possibles.»

Le succès de Pecharroman dans le Tour de Catalogne est d'autant plus louable qu'après le contre-la- montre par équipes, il accusait un retard de 46 secondes par rapport à Roberto Heras. Après avoir refait une bonne partie de ce handicap -37 secondes - dans l'ascension du col d'Encamp, Pecharroman est passé définitivement au commandement après le contre-la-montre individuel disputé samedi. Sur un parcours difficile et en constante montée, Pecharroman a fait joujou avec deux coureurs qui, eux, seront présents le 5 juillet au départ du Tour de France, à savoir Roberto Heras et Santiago Botero, qui lui ont respectivement concédé 52 et 58 secondes sur 13,1 km! Sûr que le gaillard devrait, sauf catastrophe, émigrer l'an prochain vers une équipe espagnole beaucoup plus armée pour les grands tours comme Once, Ibanesto.com ou Euskaltel.

Si José Antonio Pecharroman, donc, s'installe doucement mais sûrement au firmament du cyclisme mondial, Francesco Casagrande, lui, continue d'y briller. Après avoir ravi le leadership à Alexandre Vinokourov au Tour de Suisse jeudi sur les pentes les plus sévères de Saas Fee, le Florentin de l'équipe Lampre a encore dicté sa loi samedi entre Ascona et la vallée de La Punt, reléguant le Kazakh de la formation Deutsche Telekom à près de quarante secondes. Hier, pendant qu'Oscar Pereiro offrait à son équipe suisse Phonak son premier bouquet sur cette épreuve, Casagrande, dont l'équipe Lampre n'a pas été retenue sur le Tour de France, a géré son avance sans ciller mais il promet d'attaquer à nouveau ce lundi. «Il faut que j'arrive à compter une minute d'avance avant le contre-la- montre de mardi à Gossau», faisait-il noter hier soir à Silvaplana. Un contre-la-montre de 33 kilomètres qui pourrait, effectivement, chambouler la hiérarchie car on sait que l'Italien n'est pas un as dans ce type d'exercice solitaire contre le chrono.

Enfin, sachez que sur la Route du Sud, les choses sérieuses commenceront ce lundi avec un contre-la- montre de 33,3 km entre Saint-Gaudens et Montréjeau, avant l'arrivée mardi au sommet du Port de Balès (1.755 m). En attendant, Janek Tombak et Ludovic Turpin ont offert ce week-end à Cofidis et à AG 2R des moments de bonheur toujours bons à prendre avant le Tour.

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