Figure du cyclisme foudroyée par le dopage et la dépression, l'Italien Marco Pantani, 34 ans, a été trouvé mort samedi soir dans un hôtel résidence de Rimini, et une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de son décès.

L'annonce de cette disparition a fait la une des éditions dominicales de tous les quotidiens italiens, et un certain malaise était perceptible dans les commentaires et les éditoriaux.

«Pantani est mort», titrait le Corriere dello Sport, et la nouvelle était complétée d'un éditorial intitulé «un homme trahi».

«Avec la mort de Pantani, outre la peine, il y a le sentiment d'un grand remords collectif», affirmait, plus explicite, la Gazzetta dello Sport, dans un éditorial titré «héros perdu, nous t'adorions».

«La vie, il l'avait perdue depuis longtemps. Sans doute le jour où il a été contrôlé positif lors du Giro'99 (NDLR: en fait contraint à renoncer pour un hématocrite trop élevé), ou plutôt le jour où les organisateurs du Tour de France n'ont même pas daigné lui accorder une invitation», a pour sa part écrit, accusateur, le Corriere della Sera.

«Marco Pantani a commencé à mourir en 1999», a commenté La Repubblica.

«Lorsque tant d'autres coureurs pris dans les affaires de dopage se sont sont arrêtés, puis sont repartis, lui, non. Lui, le roi des échappées, il s'est spécialisé dans les descentes. Aux enfers, dans les paradis artificiels, dans tout ce qu'il cachait à l'opinion publique, aux journalistes, aux juges. Il s'est de plus en plus isolé», a ajouté le quotidien.

«Un grand homme, mais seul», a souligné La Stampa dans un éditorial. «Tu nous manqueras, Pirate, avec ta boucle d'oreille et ton bandana. Mais quelqu'un devra nous dire maintenant pourquoi tu a été laissé si seul, avec tant d'argent, mais sans la volonté de vivre», a conclu le quotidien.