Cyclisme

La Primavera pour lancer les classiques

ÉRIC DE FALLEUR

Publié le - Mis à jour le

ENVOYÉ SPÉCIAL EN ITALIE

Un bon mois après la tragique disparition de Marco Pantani, les tifosi sont moins prompts à s'enflammer. D'autant plus qu'avec la révélation, hier, de la cause de son décès, dû à une surdose de cocaïne, l'heure est plus que jamais à la tristesse. L'ombre du Pirate de Cesenatico planera sur le 95e Milan-Sanremo. De la banlieue de la capitale lombarde à la Riviera dei fiori en passant par la plaine du Pô et le littoral ligure qu'emprunte le tracé, quasi immuable d'une épreuve prestigieuse bientôt centenaire. La Primavera n'était sans doute pas une classique dans ses cordes mais Pantani y avait plus d'une fois fait le spectacle par ses accélérations portées sur les célèbres capi, la Cipressa ou le Poggio, la colline aux oeillets qui surplombe la cité balnéaire. Ultime juge de paix d'une course qui s'offre, tour à tour, aux audacieux ou à ceux qui peuvent spéculer sur leur pointe de vitesse.

Le palmarès de la Classicissima regorge de grands noms et les heureux qui ont su en trouver la clé se la sont appropriée souvent à plusieurs reprises. Eddy Merckx, c'est le record, sept fois! Mais aussi Girardengo, six, Bartali et Zabel, quatre, Coppi et De Vlaeminck, trois, ainsi qu'une grosse poignée d'autres champions, deux fois. Preuve que Milan-Sanremo n'est pas une loterie car même en ayant une veine outrancière, on décroche rarement le gros lot à plusieurs reprises.

Deux sortes de prétendants

Les quelque deux cents concurrents, dont une douzaine de Belges, qui s'élanceront ce matin de la Piazza Sant'Ambrogio en rêvent, persuadés qu'ils sont tous, gregario, lieutenant ou leader, grimpeur, rouleur, baroudeur ou sprinter, de pouvoir décrocher la timbale sur la Via Roma près de sept heures plus tard. Si Milan-Sanremo est une course relativement facile, sa principale difficulté tenant à sa longueur (294 km), elle est pourtant malaisée à gagner.

Il y a douze mois, Paolo Bettini a dû, pour y arriver, s'employer comme personne n'avait plus été capable de le faire depuis près d'une décennie, mettant fin à une série de succès des sprinters et à un changement de mentalité. Les quatre succès de Zabel, celui de Cipollini et même la victoire de Tchmil (la dernière parmi les vingt d'un coureur belge), acquise elle aussi au terme d'un emballage massif, avaient en effet conforté dans tous les esprits l'idée que la Primavera ne pouvait désormais plus échapper à ce genre d'épilogue.

L'actuel roi des classiques a redonné espoir aux attaquants. Car il y a ce matin à Milan deux sortes de prétendants. Ceux qui doivent impérativement échapper au sprint, les Bartoli, Di Luca, Van Petegem, Celestino, «VDB», Astarloa, Rebellin, Sanchez, Dekker, Vinokourov ou Hincapie, emmenés donc par Bettini, et les «hommes fusées», Freire, Zabel, Boonen, McEwen, O'Grady, Davis, Vainsteins, conduits par Cipollini, et bien sûr, Petacchi. Celui qu'il convient par-dessus tout de ne pas emmener sur son porte-bagages au bout de la Via Roma...

© Les Sports 2004

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