Un dernier coup de pédale au sein du peloton pour une 67e place au classement général du Tour Down Under : Lance Armstrong a clos dimanche en Australie une carrière cycliste internationale marquée par sept victoires historiques dans le Tour de France. Remerciant chaleureusement ses supporters et les organisateurs, l’Américain au prestigieux palmarès s’est en revanche muré dans le silence face aux suspicions de dopage, évitant les journalistes à l’issue de cette ultime course à l’étranger.

Le Texan, âgé de 39 ans, a roulé la majeure partie de cette sixième et dernière étape du Tour Town Under à l’arrière du peloton, franchissant la ligne d’arrivée en 103e position, pour finir 67e au général, à plus de six minutes du vainqueur, l’Australien Cameron Meyer, dans une compétition qu’il a présentée comme sa dernière course internationale.

Après avoir accepté un cadeau en fin d’étape pour sa contribution au succès de la course, Armstrong est passé devant les journalistes, sans répondre aux allégations soulevées par un article paru cette semaine dans l’hebdomadaire américain "Sports Illustrated", un sujet qu’il a refusé d’évoquer durant toute la semaine.

Sa sortie du circuit international intervient également après les déclarations de son ancien mécanicien Mike Adams. Ce dernier a confié à un journal néo-zélandais qu’une enquête fédérale américaine sur l’implication présumée du champion dans des faits de dopage pourrait en faire un "symbole de décennies de corruption" dans le monde du sport.

Impliqué dans une action en justice sur un accord commercial en 2005, Mike Adams a précisé avoir parlé avec Jeff Novitzky de la Food and Drug Administration (FDA), qui dirige l’enquête sur les allégations de dopage, à propos des investigations en cours. Il dit s’attendre à ce que son témoignage donné dans le cadre de l’action en justice soit utilisé dans l’enquête.

L’enquête en cours ne semble cependant pas avoir entamé la popularité d’Armstrong outre-Atlantique ou "au pays des kangourous," au vu des quelque 110 000 personnes qui l’acclamaient avec enthousiasme dimanche sur le parcours de l’étape dans les rues d’Adelaïde. "Merci pour les souvenirs, Lance", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par l’un de ses supporters.

Après avoir été célébré sur l’estrade, l’Américain a remercié la foule pour son soutien constant depuis qu’il a choisi le Tour Down Under pour revenir à la compétition en 2009, après quatre ans d’arrêt. "Je vous félicite tous" pour l’organisation de cet "événement incroyable", a déclaré Armstrong. "Nous voyageons dans le monde entier, et vous ne voyez pas des foules et une atmosphère comme celles-ci dans beaucoup d’endroits", cette course "rivalise avec le Tour (de France), elle rivalise avec le Giro (d’Italie)" et avec les "grandes courses".

Et le champion sait de quoi il parle. Avec sept Tours de France à son actif, un titre de champion du monde en 1993, l’Américain a marqué l’histoire de son sport mais ses exploits en Europe ne lui ont presque jamais attiré les faveurs du public, du moins sur les routes de la Grande Boucle. Pourtant son combat contre le cancer était riche en symboles, mais son caractère très rigide et les soupçons de dopage qui l’ont suivi tout au long de sa carrière auront fait de lui un mal-aimé.

"Je pars en sachant que j’ai donné le meilleur de moi-même et n’ai nullement besoin qu’on pose une plaque ou que l’on m’érige une statue", avait affirmé le Texan avant sa dernière course. "J’ai gagné sept fois le Tour de France parce que je crois qu’on a changé l’approche de notre sport, avait-il déclaré. On a révolutionné la manière de s’entraîner, la force mentale dans une équipe, la façon de préparer les courses et de les courir, et la façon de vendre le sport, de raconter les histoires au monde entier".

L’Américain, champion du monde en 1993, a marqué l’histoire du cyclisme avec ses sept victoires d’affilée dans le Tour de France entre 1999 et 2005, peu après une parenthèse de plus d’un an pour soigner un cancer des testicules. Pendant sept ans, il a écrasé la concurrence, notamment celle de l’Allemand Jan Ullrich, son dauphin sur la Grande Boucle, dont l’implication dans l’affaire de dopage Puerto a sonné la fin de carrière.

Lance Armstrong s’était retiré des pelotons après sa victoire sur le Tour en 2005.

Son retour à la compétition en janvier 2009 avait attiré les foules. L’Américain, moins dominateur et, de fait, plus sympathique aux yeux des fans, avait pris la troisième place du Tour 2009 remporté par son équipier dans l’équipe Astana, Alberto Contador, puis terminé 23e en 2010.