Au terme d'une étape de transition relativement casse-pattes, Greg Van Avermaet s'est imposé en puissance, au sommet d'une dernière bosse de 500 mètres, infligeant une 15e deuxième place d'étape à Sagan sur le Tour. Jan Bakelants prend une superbe troisième place loin derrière son compatriote et le Slovaque qui étaient seuls au monde dans ce sprint.

Longtemps, six hommes ont animé cette étape. Et longtemps, ils ont cru en leurs chances malgré l'énorme travail des Giant de Degenkolb en tête du peloton. Il aura finalement fallu l'aide des Tinkoff de Sagan, des MTN de Boasson Hagen et des Orica de Matthews pour venir mettre à mal les espoirs de Thomas De Gendt, Cyril Gautier et Wilco Kelderman qui ont fait de la résistance jusqu'aux 400 derniers mètres.

Le sprint, lancé de loin par Arnaud Démare, est lancé, et sonne le glas des espoirs du trio. C'est alors que Greg Van Avermaet a surgi. De loin, très loin même au vu des pourcentages (9%). Personne ne peut suivre. Personne, sauf Peter Sagan évidemment. Le maillot vert en personne, dans un dernier kilomètre taillé pour ses qualités. Il ne reste que cent mètres, Van Avermaet est terriblement fort, mais la Belgique n'ose rêver qu'à moitié. Comment GVA, monsieur "net niet", pourrait-il résister au sprint attendu du Slovaque supersonique ?

Mais Sagan se rassied. Comme s'il avait dû puiser trop loin dans ses réserves. Le maillot vert tente bien de déborder, mais Van Avermaet est le plus fort. Deux ans après Jan Bakelants, magnifique troisième de l'étape malgré un pied de la côte gâché par un écart de Golas, Greg fait briller les couleurs belges sur la plus grande course du calendrier. Abonné aux places d'honneur en première semaine, le jeune trentenaire fête sa future paternité de la plus belle des manières, puisque sa femme devrait donner naissance à leur enfant dans les jours à venir.

Peter Sagan se consolera peut-être avec les 25 points de cette deuxième place, qui lui permettent de frapper un très grand coup dans la course à un quatrième maillot vert consécutif, puisque Greipel avait été décroché par le tempo infernal et le relief accidenté de cette fin d'étape. Mais cette journée était belge, puisque même le prix de la combativité est revenu à l'inusable Thomas De Gendt, qui a profité de cette étape pour dépasser les 2.000 kilomètres d'échappée depuis le départ du Tour.


Van Avermaet: "Je n'ai pas vu qui était dans ma roue"

"Oui c'était serré, j'ai lancé de loin car il fallait reprendre les échappés. Je voyais quelqu'un dans ma roue mais je suis resté concentré sur mon sprint jusqu'au bout. Cette victoire fait évidemment plaisir, c'est un rêve, surtout après être passé si près en début de Tour. Maintenant, on peut dire que BMC a réussi son Tour grâce à ces deux victoires d'étape. Il s'agit désormais de se battre pour Tejay qui a une deuxième place à défendre."