Le Belge Erwin Vervecken est devenu champion du monde de cyclo-cross, dimanche, sur le parcours de Tabor en République Tchèque, deux ans après une cruelle déception.

L’Europe centrale cette fois a souri à ce coureur d’expérience, qui vient d’accomplir sa plus belle saison. En 1999, le déplacement en Slovaquie, à Poprat, s’était soldé par une amère deuxième place, quand il avait été devancé, dans les derniers mètres, par son compatriote Mario de Clercq.

Deux fois deuxième en Championnat du monde (1998 et 1999), Vervecken s’est surpassé sur le circuit de Tabor pour devancer au sprint le tchèque Petr Dlask, encore en tête à 500 mètres de la ligne d’arrivée.

De Clercq débordé dans le dernier tour s’est adjugé la médaille de bronze et la Belgique a placé un autre de ses représentants, Sven Nijs, à la 4e place.

Confrontée à l’excès de richesse et d’ambition dans ses rangs, l’équipe de Belgique a tremblé jusqu’au bout par la faute de l’obstiné Dlask, transcendé devant son public et plus dangereux que le tenant du titre et N.1 mondial, le Néerlandais Richard Groenendaal, pourtant très à l’aide dans les premiers tours, sur un circuit en plein dégel.

La chute de Groenendaal , peu après la mi-course a laissé Dlask opposé à trois Belges mais Nijs, débordé à trois tours de l’arrivée a vu ses espoirs d’un premier titre s’évanouir et les chances de Dlask remonter d’autant. Le forcing effréné du Tchèque, à l’amorce du dernier tournant, a contraint alors Vervecken à chasser vigoureusement et à asphyxier De Clercq, a priori le plus rapide au sprint.

Au prix d’une débauche d’énergie dans les dernières minutes, le Belge est parvenu finalement à passer devant le jeune coureur tchèque (24 ans), et à mettre fin à une série de places d’honneur insatisfaisantes.

«Dans mon pays, on m’a surnommé le presque champion» a expliqué ensuite Vervecken, originaire d’Herenthals comme l’ancien grand champion Rik Van Looy.

«J’ai terminé deux fois deuxième du Championnat du monde mais aussi quatre fois deuxième du Championnat national, et souvent à cause de la malchance».

Pour le camp belge, le dénouement ne peut être que satisfaisant malgré l’abandon de Bart Wellens, le double champion du monde espoir, qui a été transporté par précaution à l’hôpital à cause d’un début d’hypothermie.

Dans cette équipe, le choc des ambitions a trouvé un début de solution quand, pour la première fois, les coureurs se sont réunis entre eux deux jours avant la course, afin de trouver un arrangement financier.

De Clercq, qui a gêné Dlask dans un virage du dernier tournant et permis ce faisant à Vervecken de se replacer, a respecté la discipline d’équipe. Nijs, sur la sellette l’an passé, s’est comporté de même. Quand au nouveau champion, classé 6e coureur mondial avant la course, il a donné à son pays son troisième titre en quatre ans. La Belgique également victorieuse dans la catégorie espoir continue à dominer et donne rendez-vous à ses adversaires l'an prochain à Zolder.