ENVOYÉ SPÉCIAL À MILAN

Tom Boonen disputera demain Milan-Sanremo pour la quatrième fois. Le champion du monde en décortique les temps forts et endroits cruciaux.

1 Le départ à Milan (km 0). «Milan-Sanremo est différente des autres classiques. C'est la première de la saison, on en parle depuis des mois. Celui qui s'impose a déjà réussi sa saison et évacue beaucoup de pression, sur ses épaules et sur celles de son équipe. Moi, la pression m'aide, j'en ai besoin pour être performant. Le parcours n'est pas difficile mais il fait 300 km, dont seuls les vingt derniers comptent.»

2 La plaine (jusqu'au km 118). «Il faut rester le plus tranquille possible, dans le peloton, entouré d'équipiers, à l'abri du vent. Je suis sûr qu'un jour si le vent est favorable et de côté, ça peut casser là, comme c'est déjà arrivé par le passé. On peut déjà avoir tout perdu à ce moment.»

3 Le Turchino (km 143). «Finalement, on arrive au Turchino assez vite, parfois sans s'en rendre vraiment compte, même s'il y a près de quatre heures qu'on roule, parfois à 55km/h, en début de course. Au sommet, il faut être devant, pour passer le tunnel dans les premiers et aborder la descente en tête du peloton afin d'éviter les surprises et les chutes.»

4 La côte (jusqu'au km 235). «On est dans la deuxième partie de la course. Les soigneurs, qui filent au ravitaillement de Ceriale, préviennent les directeurs sportifs de la direction du vent. Sur la côte, la route tournicote, parfois on se retrouve revenant vers Milan. Le principal danger, ce sont les risques de chutes dans les traversées des villes et villages. Il ne faut pas oublier de s'alimenter tout en restant concentré».

5 Les «Capi» (km 255). «C'est le premier moment de la journée où l'on sent si l'on a les jambes pour gagner ou pas. Ça commence vraiment à frotter fort dans les kilomètres qui précèdent et le rythme monte d'un cran. Jusqu'à l'arrivée, il n'y aura plus de temps morts. Des trois «Capi», le dernier, le Capo Berta, est le plus dur. Bien plus que le Mele et le Cervo.»

6 La Cipressa (km 272). «Il faut être devant, dans les dix, vingt premiers mètres car c'est difficile de remonter plus de cinq ou dix places, tellement ça monte vite. Ça monte grand plateau, sauf si le vent est de face, ce que je préférerais.»

7 Au pied du Poggio (km 285). «Quand on connaît la descente de la Cipressa, ce qui est mon cas maintenant, car depuis la Ruta del Sol, je l'ai reconnue neuf ou dix fois, elle n'est pas trop dangereuse. Il y a deux ou trois virages serrés. Entre la Cipressa et le Poggio, il y a toujours une équipe qui roule. Les dix kilomètres sur la côte sont avalés à soixante à l'heure.»

8 Montée du Poggio (km288). «Le Poggio est moins dur et moins long que la Cipressa, seul le pied est pentu, et comme ça tourne, on se retrouve de toute manière à un moment face au vent. Il faut l'aborder bien devant aussi car remonter est quasi impossible. Sur le faux plat dans la deuxième partie, je ne vois qu'un coureur capable d'attaquer et d'aller au bout, c'est Bettini.»

9 La descente (km 291). «Au sommet, il faut passer parmi les premiers pour ne pas accuser un retard important en bas de la descente et devoir sprinter sur le Corso Cavolotti pour revenir se replacer devant. Ceux qui effectuent ce genre d'efforts sont battus pour le sprint. L'idéal serait que, dans la descente, je puisse être dans la roue de Tosatto et de Trenti.»

10 La Via Roma (km 294). «Je vais attendre le sprint. Je suis plus fort cette année mais on peut être fort et perdre. Tout peut basculer en une seconde. Tosatto et Trenti, s'ils sont encore là, vont me replacer dans la roue de Petacchi. Après, il faut de la chance et choisir le bon moment. Il est plus facile de perdre que de gagner mais il n'y a que des grands noms au palmarès...»

© Les Sports 2006