Cyclisme

Les Belges abonnés aux places d'honneur

DANIEL STRIANI

Publié le - Mis à jour le

ENVOYÉ SPÉCIAL À HAMILTON

En nous replongeant dans les Championnats du monde disputés depuis le sacre mondial de Johan Museeuw à Lugano en 1996, on peut remarquer qu'il n'a pas souvent manqué grand-chose à la Belgique pour triompher à nouveau.

Il y a eu la 2e place de Peter Van Petegem à Valkenburg en 98, il y a eu les poignets cassés de Frank Vandenbroucke à Vérone en 99, sans quoi le coureur hennuyer aurait certainement mieux terminé qu'en 7e position, il y eut ensuite cette échappée solitaire d'Andreï Tchmil à Plouay, en 2000, avortée à cinquante mètres de la ligne, ainsi qu'une nouvelle tentative en solo du même Tchmil, dans le dernier tour, l'année suivante, à Lisbonne, offensive que Michele Bartoli court-circuita pour le plaisir de la court-circuiter, les deux hommes n'ayant pas toujours été les meilleurs copains du monde au sein du peloton.

Dimanche soir, on s'est retiré avec ce même goût d'inachevé, car s'il est vrai que la médaille de bronze empochée par Peter Van Petegem a une certaine allure, on n'en demeure pas moins persuadé que le Flandrien était intrinsèquement le plus fort.

C'est lui, du reste, qui provoqua la véritable sélection naturelle dans l'avant-dernière ascension de ce Mondial canadien lors du 21e et dernier tour. «Il doit y avoir des coureurs beaucoup plus déçus que moi aujourd'hui», estime-t-il.

Avec des si...

Paolo Bettini est certainement de ceux-là. L'Italien répondit à l'attaque de

Van Pet, emmenant également Boogerd, Hamburger, Camenzind et le futur maillot arc-en-ciel Astarloa.

Mais quelques minutes plus tard, lorsque l'Espagnol prit la poudre d'escampette dans l'ultime ascension, le dernier double lauréat de la Coupe du monde laissa filer le coup. «C'était à lui de boucher le trou à cet instant-là, prétend, à juste titre, Peter Van Petegem. Pas seulement parce qu'il était le grandissime favori de ce Championnat du monde mais aussi parce que j'avais déjà accompli l'écrémage en provoquant la cassure avec le peloton.»

Une accélération, celle du Flandrien, digne des plus grands champions, car en trois cents mètres, elle relégua le peloton à quinze secondes. «J'ai su assumer mes responsabilités. J'ai affiché celles-ci quand il le fallait. D'autres pas. Mais Bettini, dimanche, n'était pas le Bettini de la Clasica San Sebastian au mois d'août. Je n'allais pas encore dépenser mon énergie pour le ramener, puisqu'il aurait inévitablement pris mon sillage. L'Italien s'est attelé, un peu après, à chasser Astarloa, mais il était alors trop tard.»

S'appuyant sur des jambes similaires à celles du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix, Peter Van Petegem aurait quand même peut-être pu remettre le nez dans le guidon lorsque Astarloa a placé sa mine, au risque, on en convient, d'emmener Bettini dans sa roue. Mais, dans un sprint à trois et avec la condition qui était la sienne, il l'aurait sans doute emporté car Astarloa n'est pas un foudre de guerre au sprint et Bettini a finalement été battu par le Flandrien dans l'envolée pour la troisième place.

«Avec des si, je ne vais pas regagner la course. Avec le bronze au Mondial et deux victoires dans des monuments comme le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, ma saison est excellente. Je n'ai pas le droit d'être déçu car j'ai fait ce qu'il fallait ce dimanche à Hamilton. Pourquoi penser que je ne remporterai jamais un Championnat du monde? Pourquoi le circuit de Vérone ne me conviendrait-il pas aussi, finalement?» Le rendez-vous est d'ores et déjà fixé...

© Les Sports 2003

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