Les jeunes de l’équipe VDM-Trawobo, dont le Wallon Pierre Despontin, ont disputé l’épreuve de ce dimanche et ont été soutenus par les pros.

Six coéquipiers de Niels De Vriendt ont participé au Grand Prix Vermarc, ce dimanche. Ils étaient prévus sur cette kermesse pro et ont maintenu leur engagement, malgré le drame survenu samedi. Parmi les engagés de cette équipe VDM-Trawobo, il y avait l’espoir hennuyer Pierre Despontin.

"Malgré la grande tristesse qui envahit la famille du cyclisme belge ainsi que mon équipe, nous avons décidé de prendre le départ pour lui rendre un bel hommage sur cette course professionnelle, au milieu des plus grands coureurs du World Tour" , commente ce coureur de deuxième année chez les espoirs. "Samedi, cela a été un jour noir avec le décès de Niels. Il a chuté lourdement avec quelques autres coureurs. Il s’est relevé et est reparti sur une centaine de mètres. Avant de s’effondrer. On ne sait pas trop encore ce qu’il a eu : est-ce qu’un organe a été touché dans cette chute, est-ce que c’est cela qui a provoqué le décès ? Pour l’instant, on ne sait pas. C’est dur, c’est si triste…"

La décision de s’aligner sur cette course n’a pas été facile à prendre. "Avec le staff de l’équipe et avec les coureurs de notre formation, on en a beaucoup parlé, on ne savait pas trop comment ce serait pris, par rapport aux autres cyclistes et, surtout, par rapport aux proches de Niels , poursuit Pierre Despontin. Mais l’envie de lui rendre hommage était très forte. Surtout sur une course avec de tels pros au départ. Vous savez, pour une petite équipe comme la nôtre, qui est une formation d’élites sans contrat et d’espoirs, c’est important de s’aligner sur une telle épreuve et on se faisait tous une joie depuis longtemps de pouvoir la disputer. Avec le contexte, on l’a abordée en étant tous bien plus motivés avec le drame de samedi : nous voulions bien rouler, pour Niels. Et je pense que nous avons réussi, car Ayco Bastiaens a été dans la bonne échappée et s’est classé seizième."

Pierre Despontin, lui, a fini 49e. "Cela a été une journée très spéciale", explique-t-il encore. "On a tous beaucoup pensé à Niels. Surtout que ce genre de chutes, cela pend au nez de tout le monde… C’était donc difficile, mais nous avons été soutenus par les pros. Au départ, Eddy Merckx en personne est venu nous présenter ses condoléances. Et durant les premiers kilomètres de l’épreuve, plusieurs très grands coureurs sont venus nous dire un mot, nous souhaiter bon courage dans ces moments difficiles et nous soutenir. Comme Victor Campenaerts, Dries Devenyns, Fabio Jakobsen… Un beau geste de leur part. Ce sont des champions, mais on sent du respect par rapport à la famille du vélo."

"Tout le monde est triste..."

L’ambiance était lourde, ce dimanche matin, à Rotselaar. Ce village du Brabant Flamand espérait vivre une fête du vélo pour la première compétition cycliste officielle en Belgique depuis la mise en pause du cyclisme à cause de la crise du coronavirus. Un événement attendu depuis des semaines par les coureurs, par les sponsors, et par les fans de vélo. Mais tout le monde présent était encore sous le choc de l’annonce du décès du jeune coureur Niels De Vriendt. Âgé de 20 ans, ce cycliste de la formation est mort samedi, en course, sur l’épreuve d’entraînement de Wortegem-Petegem.

Dans la première partie de cette course organisée par la maman de Tim Merlier pour permettre aux coureurs de retrouver du rythme, une chute a envoyé plusieurs coureurs au sol. Dont le regretté Niels De Vriendt qui, dans la foulée, aurait été victime d’un malaise cardiaque dont il ne s’est pas relevé. Rapidement pris en charge par les services médicaux sur place, les intervenants ont tenté de sauver l’espoir flamand. Sans succès, malheureusement.

Choc, stupeur, et profonde tristesse ont fondu à nouveau sur le monde de la Petite Reine avec ce nouveau décès. Un de plus dans une trop longue liste d’événements tragiques qui ont touché le cyclisme belge ces dernières années. Mais en plus des larmes, il y a aussi des questions. Car selon les parents de Niels de Vriendt, leur fils avait passé des examens médicaux assez poussés récemment. Et ils n’avaient pas permis de détecter un problème, un souci qui a mené à cette tragédie…

"C’est tellement triste, a commenté l’Allemand John Degenkolb, une des pointures présentes sur l’épreuve. C’est difficile de s’exprimer par rapport à une telle perte. On espérait tous reprendre dans d’autres circonstances…" Le sprinter néerlandais Fabio Jakobsen avait des propos similaires au départ. "Encore un décès, c’est super triste. Cela m’a rappelé le décès de Bjorg Lambrecht. On pense tous à sa famille."

Iljo Keisse était aussi touché par la mort du jeune coureur. "La perte d’un jeune est toujours douloureuse et on y pense tous, a-t-il déclaré. C’est spécial d’être au départ, surtout dans ce contexte du coronavirus, qui n’est pas encore totalement parti…"

Le champion de Belgique Tim Merlier était logiquement très ému, au départ, car c’est sur la course organisée par sa maman que le drame a eu lieu…

"Il n’y a rien de pire que la mort d’un jeune", souffle Eddy Merckx, qui a donné le départ de l’épreuve.