Testostérone, "EPOs", hormone de croissance, bêta-2-agonistes et corticoïdes, sont, en l'état actuel des connaissances, les produits les plus utilisés dans le peloton cycliste.

La testostérone: Stéroïde androgène anabolisant destiné à augmenter la masse musculaire. Le contrôle positif de Floyd Landis, lors de la 17e étape du Tour de France 2006 qu'il devait finalement remporter, a remis la testostérone en vedette l'an dernier.

Elle est de plus en plus utilisée en patches dans un but de rééquilibrage hormonal (pour compenser les dépenses après une étape difficile par exemple), ou en cocktail avec l'hormone de croissance dont elle accroît les bénéfices. Dans le premier cas, les doses sont souvent trop faibles pour être lisibles par le test.

Prise par voie orale ou locale, la testostérone est décelable dans l'urine entre 8 et 24 heures mais l'affaire Landis a mis en lumière les limites du test. L'échantillon A est en effet d'abord analysé selon un rapport testostérone/épitestostérone (T/E) auquel on ne peut pas entièrement se fier. Seule l'analyse par spectrométrie de masse (IRMS) utilisée en cas d'anormalité du T/E (valeur supérieure à 4) l'est entièrement. Mais l'utilisation de l'IRMS en première intention est difficile pour des raisons de coût et de disponibilité de matériel.

L'érythropoïétine (EPO): Hormone stimulant la production de globules rouges, donc l'oxygénation du sang, et favorisant l'endurance. On évoque l'EPO mais c'est plutôt des EPOs dont il faudrait parler. Bien connues des analystes, l'alpha (Eprex), la bêta (Recormon) et la darbopoïetine (Aranesp ou EPO retard) - toutes fabriquées à partir de cellules animales - réagissent au test urinaire conçu par le laboratoire français de Châtenay-Malabry en 2000.

C'est beaucoup moins clair pour la delta ou Dynepo, fabriquée elle à partir de cellules humaines et désormais accessible sur le marché français, ou bien les molécules de synthèse mimant les effets de l'EPO.

La traçabilité de l'EPO est en outre compliquée par les nouveaux modes d'administration, en micro-doses, qui maintiennent l'utilisateur en deçà des seuils de détection. En prise normale, la fenêtre de détection de l'EPO va de un à cinq jours mais l'effet d'une cure perdure bien au-delà.

Les transfusions sanguines: En théorie, elles peuvent être homologues (donneur compatible) ou autologues (d'un individu à lui-même après stockage) mais en pratique seules ces dernières semblent encore pratiquées puisque les autres sont aisément détectables lors d'un contrôle sanguin. Elles consistent à se prélever du sang, à le débarrasser de certains éléments -sérum, plasma- avant de se réinfuser un produit sanguin concentré en globules rouges.

Les transfusions pallient, ou s'ajoutent à, la prise d'EPO dont elles partagent les effets: meilleure oxygénation favorisant l'endurance.

Les hémoglobines de synthèse: Elles remplacent les globules rouges naturels utilisés dans les transfusions et sont aisément détectables par des contrôles sanguins. En revanche, elles ne passent pas dans les urines.

L'hormone de croissance: De l'avis de nombreux spécialistes, l'hormone de croissance est aux années 2000 ce que l'EPO fut à la décennie précédente. Non détectée - à défaut d'être indétectable - l'hGH stimule la sécrétion de facteurs de croissance (IGF-1) des muscles et des organes. Selon certains scientifiques cependant, elle n'aurait, utilisée seule, que peu d'effet anabolisant et devrait être couplée à une prise de stéroïde pour avoir un effet optimal.

L'hGH vit probablement ses derniers mois d'impunité totale puisque le test, introduit lors des jeux Olympiques d'Athènes en 2004 avant d'être laissé en jachère par manque d'anticorps nécessaires à sa fabrication, devrait être à nouveau opérationnel d'ici à début 2008.

L'insuline: Hormone qui permet de stocker le sucre et donc d'accélérer la vitesse de la récupération après un effort. Prise à haute dose, elle a des effets anabolisants. Le test de détection est en cours de développement mais n'est pas devenu un test de routine. Pour des raisons de confidentialité, l'UCI refuse de préciser si l'insuline sera recherchée sur le Tour 2007.

Les corticoïdes et les bêta-2-agonistes: Ces deux classes de médicaments ont le statut particulier de "substances spécifiques" en raison de leur utilisation très courante en médecine du sport - allergies ou douleurs articulaires pour les corticoïdes, asthme d'effort pour le salbutamol.

Selon le mode d'administration, l'utilisation des corticoïdes est soumise à une autorisation d'usage thérapeutique (AUT) - voie orale, rectale ou injection intraveineuse ou intramusculaire - à une AUT simplifiée - inhalation, gouttes - ou entièrement libre pour les crèmes ou collyres.

Cependant, la détection des corticoïdes ne permet pas de déterminer le mode, ni la date d'administration, ce qui permet un détournement des AUT. Les corticoïdes, utilisés à dose soutenue, ont un effet anti-inflammatoire, antalgique et psycho-stimulant.

De même, quelques bêta-2-agonistes prescrits dans des cas d'asthme d'effort - notamment le salbutamol (ventoline) par inhalation - sont autorisés sous AUT. Utilisé à forte dose, le salbutamol est pourtant considéré comme un anabolisant.