La 58e édition du Dauphiné Libéré, qui s’est terminée hier à Grenoble par la victoire d’étape du Norvégien Thor Hushovd (Philippe Gilbert a fini 3e de ce sprint), aura consacré l’Américain Levi Leipheimer. Le Californien est le quatrième coureur américain à s’imposer dans l’épreuve, après ses compatriotes Greg LeMond, Tyler Hamilton et Lance Armstrong.

L’étape d’hier a été marquée par l’échappée fleuve dont Stuart O’Grady a été le héros malheureux. Parti au km 10 avec l’Italien Trenti, bientôt lâché, et le Français Coutouly, qui allait devoir le laisser filer sur les pentes du col des Mouilles, la dernière difficulté du Dauphiné, l’Australien de la CSC (victorieux par le passé d’une étape du Tour à Grenoble) n’a été repris par le premier peloton qu’à mille trois cents mètres du but.

À trois semaines du Tour de France qu’il avait terminé au 6e rang il y a douze mois, Levi Leipheimer, lauréat l’an dernier du difficile Tour d’Allemagne, est celui d’entre tous les favoris de la prochaine course au maillot jaune, présents au départ d’Annecy, qui aura fait le plus honneur à son statut. Mais le coureur de Gerolsteiner, qui n’a pas remporté la moindre étape durant la semaine dans les Alpes, a surtout fait preuve d’une belle régularité, finalement la qualité primordiale pour enlever une course à étapes.

De tous les prétendants au Tour de France, qui part dans dix-neuf jours de Strasbourg, Leipheimer est donc celui qui aura affiché la plus belle constance, tout en faisant montre de ses capacités de rouleur et grimpeur. Lors des trois rendez-vous phares de la course, l’Américain a répondu présent, là où tous ses adversaires, Menchov, Moreau, Valverde, Mayo, Mancebo, Azevedo, Hincapie ou, surtout, Popovych, Vinokourov et Landis ont, tour à tour, connu une ou plusieurs défaillances.

Samedi encore, en direction de la Toussuire, à l’occasion de l’étape-reine qui empruntait le même parcours qu’une des principales étapes du Tour à venir, pendant que ressuscitait Iban Mayo après un “trou” de deux ans, Leipheimer a contenu les assauts de Christophe Moreau, finalement son dauphin, tandis qu’il repoussait définitivement son principal adversaire, le Russe Denis Menchov, le vainqueur de la dernière Vuelta. La course a aussi révélé le jeune et étonnant Autrichien Bernhard Kohl, 3e de la course.