Le champion cycliste Marco Pantani, trouvé mort dans sa chambre d'hôtel de Rimini samedi soir à l'âge de 34 ans, se droguait et envisageait de faire un cure de désintoxication en Bolivie, affirme lundi la presse italienne.

«En Bolivie nous avons une communauté qui dispose de 4000 hectares avec des centaines de jeunes et d'adolescents que nous sauvons de la faim et de la drogue », a déclaré au quotidien Corriere della Sera le religieux don Pierino Gelmini, fondateur de ces communautés appelées «Rencontres » où les toxicomanes viennent se faire soigner.

«Pantani refusait d'entrer dans une communauté. En Italie cela aurait fait beaucoup de bruit et lui ne le voulait pas. Il avait peur des rumeurs, des journaux qui ne le laisseraient pas en paix. Alors, l'idée est venue de lui proposer une possibilité où personne ne le verrait, personne ne le jugerait, loin des projecteurs », a poursuivi le religieux.

Selon la presse, la date de son départ avait déjà été arrêtée et le coureur devait partir le 27 février en Bolivie avec don Gelmini.

«La cocaïne, le grand ennemi ces dernières années du champion cycliste », écrit le quotidien Il Messagero. Selon La Repubblica, «des traces de poudre blanche » ont été retrouvées dans la chambre qu'il occupait à Rimini, station balnéaire de la côte Adriatique où il a été retrouvé mort.

Toute la presse soulignait «le désespoir » du champion qui se sentait abandonné de tous et semblait manquer de courage pour affronter la vie après ses problèmes de dopage et son exclusion du Giro en 1999.

«Physiquement, Marco était fort, psychologiquement, non. Un tel déclin depuis 1999 fait penser à une grande fragilité émotionnelle, à un terrible besoin d'aide », a estimé le docteur Massimo Besnati, président de l'Association italienne des médecins du cyclisme, dans une interview à La Stampa.

Une autopsie devait avoir lieu lundi pour déterminer les causes exactes de la mort du champion cycliste. Le médecin légiste a indiqué que Pantani avait succombé à un arrêt cardiaque, dont la cause n'a pas encore été déterminée. L'hypothèse d'un suicide a été évoquée par certains commentateurs, mais le procureur de Rimini, Paolo Gengarelli, a refusé dimanche de les suivre sur cette voie.