On peut reprocher beaucoup de choses à Mark Cavendish, mais certainement pas celle de louper ses rendez-vous. Pour la première explication entre sprinters, le citoyen de l'île de Man avait l'occasion d'imiter Thor Hushovd qui s'était adjugé douze mois plus tôt une victoire d'étape (et même une deuxième par la suite) sur les routes du Tour avec le maillot de champion du monde sur ses épaules. Et Cavendish n’a pas loupé l’aubaine.

Pourtant, certains spécialistes avaient émis quelques doutes sur sa capacité à se débrouiller seul, sans l'aide d'un train, mais le Manx Express a démontré le contraire en donant une leçon de placement à ses adversaires dans le dernier kilomètre. Le Britannique parvenait à se caler dans la roue de Greipel qui était emmené dans un fauteuil par ses équipiers Roelandts et Henderson. Et quand il est lancé dans de telles conditions, le succès échappe rarement au Gorille de Rostock. Sauf, quand il y a un Mark Cavendish capable de mettre tout le monde d’accord avec sa double accélération. A 27 ans, le champion du monde remporte son 21e bouquet sur la Grande Boucle. Un palmarès qui devrait encore s’étoffer dans les prochaines années.

Morkov à l’assaut de la Citadelle

Pour cette dernière étape sur les routes belges, 207 kilomètres étaient au programme. Et l’unique difficulté du jour, l’ascension de la route merveilleuse de la Citadelle de Namur n’était pas de nature à empêcher une explication à Tournai entre les routiers-sprinteurs. Après 22km de course, trois hommes partaient à l’aventure : les Français Anthony Roux (fdj.com) et Christophe Kern (Europcar) et le maillot à pois Michael Morkov déjà à l’attaque dimanche. Ce dernier n’avait d’ailleurs comme unique intention que d’aller prendre un point au sommet de la Citadelle et ainsi renforcer son leadership du classement de la montagne.

Kittel affaibli et lâché

A 53 km du but, les trois hommes de tête se présentaient au sprint intermédiaire de Soignies où Kern passait en tête devant Roux. Mais, c’est l’explication entre les cadors du sprint qui allait retenir notre attention trois minutes plus tard. Et comme hier, sur une arrivée en légère montée, c’est Matthew Goss qui se montrait le plus véloce. Cavendish ne terminait que quatrième homme derrière l’Australien, alors que Greipel et Kittel n’avaient même pas pris part au débat. Pour ce dernier, on comprendra à 20 bornes du but les raisons de cette absence. Le visage grimaçant, Marcel Kittel trainait sa peine en queue de peloton. Victime de soucis à l’estomac, l’Allemand était contraint de lâcher la meute quelques kilomètres plus loin. Tout comme Tony Martin et Luis Léon Sanchez, qui avaient souffert toute la journée en raison d’une fracture au scapahoïde suite à une chute dans l’étape entre Liège et Seraing. Entre-temps, Kern et Morkov avaient rendu les armes face au peloton, alors que Roux tentait de résister plus longtemps, suffisamment que pour se voir attribuer le prix de la combativité. La suite, on la connaît. Lotto emmenait Greipel dans un fauteuil, mais il était écrit que la victoire devait revenir à Mark Cavendish.

Au classement général, pas de changement, puisque Fabian Cancellara conserve son maillot jaune. Le Suisse cède néanmoins sa vareuse verte à Peter Sagan, 6e à l’arrivée. Michael Morkov conserve son maillot à pois et Teejay Van Garderen sa tunique blanche.

Les puncheurs attendus à Boulogne

Mardi, le Tour retrouve l’Hexagone pour une étape qui s’annonce mouvementée entre Orchies et Boulogne-sur-Mer avec six côtes au programme dont quatre dans les 20 derniers kilomètres. L’arrivée sera jugée au sommet d’une ascension de 700 mètres avec un pourcentage moyen de 7,4%. Autant dire que l’on devrait retrouver à quelques exceptions près les mêmes coureurs que ceux qui s’étaient disputés la victoire à Seraing, ce dimanche.