Il est longtemps resté cloué sur son vélo, alors que la commentatrice de la RAI voulait obtenir une déclaration. Mais aucune parole n'est sortie de la bouche d'Axel Merckx, trop occupé à essayer de reprendre son souffle.

À peine trois jours après le très beau succès d'étape de Rik Verbrugghe, la Belgique aurait pu à nouveau s'imposer sur les routes du Tour d'Italie, qu'elle avait lancé avec brio la semaine passée. Il s'en est fallu de peu, d'à peine 150 mètres, pour qu'un Belge, comme Rik Verbrugghe qui s'était déjà imposé sur le Giro, ne remporte une nouvelle étape. Mais Axel Merckx a connu moins de réussite qu'en 2000, quand il s'était imposé en solitaire dans la 9 éme étape du Tour d'Italie.

Membre d'un groupe de 21 coureurs (avec Wegelius, Pellizotti, Joachim, Poilvet, Calzati, Dupont, Carrasco, Efimkin, Perez, Horrach, Kolobnev, Eltink, Matveyev, Pinotti, Gomez, Serpa, Pinotti, Lombardi et Krauss), qui s'était extirpé du peloton après 52 km de course, Merckx prenait ses relais mais en gardait un peu sous la pédale, se méfiant de la présence de quatre coureurs de l'équipe Caisse d'Épargne-Iles Baléares.

Et dans une descente, à une quinzaine de km de l'arrivée, alors que le peloton ne semblait plus être en mesure de revenir, malgré la surprenante poursuite de la Lampre, Merckx est passé à l'offensive, surprenant même la moto du cameraman de la télévision italienne.

S'il n'a pas les mêmes qualités de descendeur que le Faucon Paolo Savoldelli, Merckx s'est cependant octroyé un bel avantage d'une dizaine de secondes sur le groupe de poursuivants, qui ne s'est, au grand malheur du Bruxellois, pas observé longtemps.

Les coéquipiers d'Efimkin ont, en effet, roulé pour maintenir l'écart, même si Merckx disposait toujours de six secondes d'avance dans la difficile côte d'arrivée. Une côte de deux bornes d'une pente moyenne, avec des passages à 10 pc, et que Merckx connaissait bien, puisqu'il s'y était classé 5 éme en 2000, lors de la dernière arrivée d'étape du Tour d'Italie à Peschici.

Mais Franco Pellizotti, coéquipier de Di Luca chez Liquigas, qui s'était imposé ici il y a six ans, connaissait aussi bien les lieux. Et alors que Wegelius venait de réduire encore plus l'écart, il a produit son effort à 300 m de la ligne, revenant sur Merckx à 150 m de la banderole...

Le peloton a terminé avec un retard de plus de trois minutes. Basso a passé une journée tranquille en rose et Bettini a remporté le sprint du peloton, pour conforter ses points pour le maillot cyclamen, que McEwen abandonnera bientôt...

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