Moreau irradie le Tour de son sourire
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Cyclisme

Moreau irradie le Tour de son sourire

PAR CHRISTOPHE BLAIVIE

Publié le - Mis à jour le

ANALYSE

Bizarre, vous avez dit bizarre... Ce 88e Tour de France déroute quelque peu les passionnés de l'épreuve. Il faut se rendre à l'évidence, rien ne sera plus jamais comme avant. Certains grands noms ont disparu des retransmissions, d'autres, à l'accent baguette et camembert, apparaissent... Est-ce mieux, est-ce moins bien? Une chose est certaine, il faudra s'y habituer.

Pourtant, tout la haut, près du soleil, rien n'a changé, ou presque! Parmi les quatre premiers du Tour 2000, le plus mal classé dans le prologue est Joseba Beloki qui est 7e à 13 secondes, une misère. Les grandissimes favoris, Armstrong et Ullrich, se tiennent en trois secondes en faveur de l'Américain. Un écart non significatif, certes, mais qui démontre que ces deux coureurs sont affûtés. Cette première passe d'arme aura bénéficié à un troisième larron, Christophe Moreau. Quatrième du Tour l'an passé, le coureur de chez Festina a devancé de trois secondes l'Espagnol Igor Gonzalez Galdeano. Des cyclistes Ibères particulièrement en jambes puisqu'ils se placent à cinq dans les quinze premiers. A suivre...

SCÉNARIO IDÉAL

Nous regretterons la relative contre-performance de Rik Verbrugghe, en qui nous avions placés de légitimes espoirs. Le vainqueur de la Flèche, mais surtout du Critérium International et du Prologue du Giro a tenté - et raté - son coup de poker qui consistait à partir plus tôt dans la journée alors que son pedigree lui aurait permis de jouer dans la cour des grands. Le Tour est loin d'être terminé pour Rik qui voudra montrer le maillot à Seraing, dans son jardin. Rendez-vous des pris.

Pour nos amis d'Outre-Quiévrain, par contre, le Tour démarre comme dans un rêve. Arrivé à maturité, Christophe Moreau décroche son premier maillot jaune, mérité pour le seul «banni» qui soit resté fidèle à Festina, à moins que cela ne soit l'inverse. Le sourire Pepsodent du nouveau maillot jaune fait plaisir à voir et il aura illuminé les premières heures de ce Tour de France.

Christophe Moreau content, Lance Armstrong aussi, certainement. Avant de planter sa première banderille, l'Américain est sans doute content de se débarrasser d'une tunique un peu trop voyante pour son caractère introverti.

ZABEL DANS UN FAUTEUIL

La course pour le maillot vert est-elle déjà terminée? Probable. Plus complet mais moins véloce qu'à ses débuts, Erik Zabel avait presque (exception faite de Troyes en 2000) perdu l'habitude de lever les bras, ce qu'il ne fit d'ailleurs pas hier en coupant la ligne. Cette victoire précoce de l'Allemand, pourtant privé de Fagnini, son poisson-pilote, s'explique sans doute par les absences conjuguées des deux meilleurs sprinteurs du monde. Si le Beau Mario n'est pas présent sur le Tour, inutile d'épiloguer, Tom Steels aurait pu être présent dans l'emballage s'il n'avait pas été distancé.

L'Estonien Jaan Kirsipuu aurait sans doute pu inquiéter davantage Zabel s'il n'avait gaspillé quelques forces dans les sprints intermédiaires. Davantage que la victoire d'étape, le coéquipier de Ludovic Capelle vise le jaune, un objectif réalisable sur le billard qui doit mener aujourd'hui les coureurs de Calais à Anvers.

© La Libre Belgique 2001

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