COMMENTAIRE

On aurait voulu donner un nouveau coup de poignard dans le dos du cyclisme à peine convalescent que l'on ne s'y serait pas pris autrement. Pourtant, si la brigade des stupéfiants italienne a décidé de développer de tels moyens d'action, c'est qu'elle devait avoir de bonnes raisons de le faire.

Reste évidemment à voir ce que l'on va effectivement trouver parmi les dizaines de médicaments saisis mais le simple fait que l'on ait vu des soigneurs jeter précipitamment des «paquets» par la fenêtre, quand ce n'était pas carrément l'un d'entre eux qui prenait le même chemin, suffit à faire replonger le cyclisme dans un marasme d'où, naïvement, on le croyait sorti.

C'était sans compter avec l'imbécillité crasse d'un milieu qui ne jure que par sa propre «culture», sans nous en montrer le bouillon, qui se croit au-dessus des lois et des hommes comme s'ils avaient toujours évolué en vase clos.

Or, il faut savoir que l'Italie est l'un des rares pays européens où le dopé est aussi punissable que le dopeur.

Le président de l'UCI, Hein Verbruggen, a beau le regretter, il n'en reste pas moins vrai qu'à partir du moment où l'on est en état flagrant de récidive, seules les peurs du gendarme et de son bâton peuvent encore ramener les brebis égarées dans le droit chemin. Pour autant qu'elles en connaissent encore la direction.

En attendant, cette tempête dans une seringue attire de nouveaux les foudres de l'opinion, au grand dam de ceux, surtout français, qui ont décidé de balayer les premiers devant leur seuil, un peu «aidés», il est vrai, par la ferme volonté politique de Mme Buffet.

A un mois d'un Tour qui veut laver plus blanc que Leblanc, c'est plutôt mal embarqué

© La Libre Belgique 2001