Le Giro revêt cette année un caractère un peu «spécial», en tout cas susceptible de focaliser notre intérêt sur une épreuve qui a perdu de son lustre d'antan. En effet, jusque dans les années 80, les gros bras n'hésitaient pas à se livrer à fond sur les routes transalpines. Aujourd'hui, le cyclisme est devenu une affaire de spécialistes et il est inconcevable pour ceux qui ont des prétentions au Tour de France, de brûler leurs cartouches au Giro. Seule exception notoire qui confirme la règle, Marino Lejarreta, qui courut 26 grands tours dans sa carrière et qui réalisa l'exploit de se classer dans le top 10 des trois grands tours la même année

LA RÉPONSE DE PANTANI?

Bref, pas d'Armstrong cette année au départ et un Jan Ullrich dont la seule ambition est de terminer et, si possible, de perdre quelques centimètres de tour de taille. Dans ce contexte, les regards se tourneront bien entendu en direction de Marco Pantani qui espère apporter une réponse sportive à sa non sélection pour le Tour de France. Depuis le 2 mai et le verdict prononcé par Jean-Marie Leblanc, Pantani a mis les bouchées doubles pour être fit pour ce qui est devenu son seul objectif de la saison. Reste qu'avec seulement deux grosses étapes de montagne et trois arrivées au sommet, le Giro sera un peu moins exigeant que ces dernières années. Dans cet ordre d'idée, le kilométrage général a également été revu à la baisse. On le sait, les organisateurs proposent, les coureurs disposent

Dans ce contexte, les favoris auront pour noms Casagrande, Garzelli (vainqueur de l'édition 2000), Simoni (2e) qui se partagaient le podium l'année dernière. On pointera encore des coureurs comme Rebellin, Dufaux, Olano ou Livingstone.

Bien entendu, le n°1 mondial partira avec l'étiquette de grand favori. Casagrande a l'étoffe du vainqueur et il pourra compter sur le concours de son équipe, Fassa Bortolo, qui est sans doute la plus séduisante du plateau. Comme lieutenant ou leader de rechange, la formation italienne pourra toujours compter sur Dario Frigo, lauréat de Paris-Nice et du Tour de Romandie cette année, excusez du peu!

LOTTO EN APPRENTISSAGE?

Cela faisait neuf ans qu'une équipe belge ne s'était plus déplacée sur le Giro, il s'agissait à l'époque de la formation Tulip Computers. Les Lotto, forts d'un début de saison prolifique et d'une sélection assurée au Tour de France, sont partis en Italie sans pression. Sans pression rime-t-il avec sans ambition? Gageons que des coureurs de la trempe de Rik Verbrugghe et Mario Aerts ne découvriront pas le Giro pour y faire de la figuration. Pour les victoires d'étape, la formation du

Crique pourra toujours compter sur Jeroen Blijlevens pour contester la supériorité de Mario Cipollini, l'homme au trente bouquets Suspendu durant le mois de février pour le coup de poing asséné à Bobby Julich lors de l'arrivée du Tour 2000 sur les Champs Elysées, Blijlevens a subi un légitime retard de préparation mais, comme en attestent ses derniers résultats, le sprinteur batave est sur le chemin de la forme.

Dans l'effectif Lotto, nous attendrons également un coup d'éclat de Glenn D'Hollander qui a du mal à se départir de son étiquette d'éternel espoir. Ce bon grimpeur, mais piètre descendeur devrait trouver, au gré des trois arrivées au sommet, un terrain de prédilection. Hans De Clercq et Nico Eeckhout, qui affichent la trentaine au compteur personnel, joueront les capitaines de route pour encadrer les deux jeunes que sont Ief Verbrugghe (le frère de qui vous savez) et Christophe Brandt. Le seul objectif de ces deux derniers étant d'apprendre à gérer une épreuve au long cours.

Bref, ce Giro 2001 s'annonce intéressant à plus d'un titre pour les suiveurs avec la présence belge et la réponse (que l'on espère sportive) de Marco Pantani Jean-Marie Leblanc regrettera-t-il l'éviction du Pirate ? Wait and see.

© La Libre Belgique 2001