Quoiqu'il fasse, Marco Pantani est devenu un personnage incontournable du sport cycliste. Il sera de nouveau la grande attraction du Tour d'Italie, course qu'il rêve de remporter une nouvelle fois, après y avoir connu des fortunes diverses depuis son premier sacre en 1998. Il est d'autant plus motivé que son équipe n'a pas été retenue pour le Tour de France et qu'il souhaite confondre par une victoire ceux qui ont pris la décision de ne pas le sélectionner. La déception passée, Marco Pantani a retrouvé toute sa hargne au moment de fournir les derniers efforts à l'entraînement. Il n'a pas digéré la fin de non-recevoir que lui a opposée Jean-Marie Leblanc le 2 mai dernier mais avant de penser de nouveau au Tour de France, il ne veut plus se consacrer qu'au Tour d'Italie.

«Ce n'est pas un Giro difficile, disait-il en début de semaine de retour d'une longue sortie d'entraînement dans sa région de Romagne. Il n'y a que deux étapes de montagne et je réfléchis beaucoup à un coup que je pourrais tenter pour essayer de conquérir le maillot rose. Il va falloir que j'improvise mais en comparant le parcours du Giro à celui du prochain Tour, j'ai d'autant plus de regrets que le tracé français me plaisait beaucoup!» Conscient de la faible marge de manoeuvre que lui a laissée l'organisateur italien, Marco Pantani n'est pas résigné. «Je sais que je n'ai pas terminé beaucoup de courses cette saison parce que j'ai été souvent contrarié par une bronchite, parce que les jours où il pleuvait je préférais ne pas prendre le risque de retomber malade, notamment lors du dernier Tour de Toscane, mais je sais où j'en suis.»

FINAL TRÈS SERRÉ

«Je sais pouvoir compter sur la première semaine du Giro, dans le sud, pour profiter du soleil et pour peaufiner ma forme.»

Pas de doute, Pantani se voit en vainqueur le 9 juin à Milan, mais chaque fois qu'il prend le départ d'un grand Tour, il n'envisage que la victoire. «En 2000, se souvient-il, j'avais repris la compétition dans le Tour d'Italie après près d'un an d'abstinence. Tout le monde pariait sur le nombre de jours qu'il me faudrait pour abandonner mais au bout de dix jours j'étais sûr de l'emporter. Malheureusement, lors de la troisième semaine, la lumière s'est éteinte.» Cela ne l'a pas empêché de donner un sacré coup de main à son équipier Garzelli, notamment lors d'une étape Pratonevoso-Briançon.

Pantani n'avait pas gagné ce Giro mais aux yeux du public et des médias italiens, il en avait été le grand triomphateur.

Avant même de prendre le départ de Pescara, il en est déjà le principal protagoniste même s'il croit que le classement se lira en secondes au bout des trois semaines. «Cela va être très serré et je vois une dizaine de coureurs capables de s'imposer à Milan.» Il ne cite personne et compte bien départager tous ses adversaires lors des quelques occasions qui lui seront offertes, notamment au terme d'une 13e étape Montebelluna-Passo Pordoï. Ce dernier, culminant à plus de deux mille mètres, est l'un des cols les plus difficiles d'Europe et il faudra l'escalader deux fois. «Après le Giro, tous les regards seront tournés vers le Tour de France et c'est à ce moment-là que je réfléchirai à l'action que je devrais mener. J'ai quelques idées mais il est trop tôt pour en parler.» (AFP)

© La Libre Belgique 2001