Samedi, quelques minutes après avoir terminé le prologue douzième, à onze secondes d'Hushovd, Tom Boonen avait prévenu. "Je ne peux pas tout gagner et si je pense à porter le maillot jaune pendant une semaine, c'est la meilleure manière pour passer à côté de tout. "

De fait, dès hier, le champion du monde a manqué la première occasion qui s'offrait à lui. Heurté à l'épaule droite par une caméra brandie par un spectateur au-dessus des barrières Nadar, le Campinois ne prenait pourtant pas cet incident pour excuse. Une fois la ligne d'arrivée franchie en roue libre, Tom Boonen s'était engouffré dans le bus de son équipe et avait rejoint au plus vite son hôtel afin de se faire soigner.

"J'ai été cogné à 350-400 mètres de la ligne" , expliquait Boonen en soirée. "Sur le coup, j ai ressenti une forte douleur qui m'a empêché de saisir correctement mon guidon et je me suis un peu déconcentré. Heureusement, il n'y a pas de fracture mais une forte contusion, c'est tout rouge. On a appliqué de la glace, j'espère qu'il n'y aura aucune suite."

Mais à ce moment déjà, le porteur du maillot arc-en-ciel n'était pas en position favorable. L'approche de ce premier sprint massif avait, en effet, tourné au cauchemar pour la Quick Step où le train censé mener le Campinois vers un dix-huitième succès avait failli dérailler plusieurs fois. "On a essayé de préparer ce sprint correctement, mais ça a raté" , admettait encore Tom Boonen. "Il y avait de larges avenues et beaucoup de vent. De nombreux virages aussi. À chaque fois, on s'est fait déborder par des gars qui ont perturbé la préparation, c'est le Tour, tout le monde veut être devant, même à dix kilomètres de l'arrivée. Finalement, ce fut impossible de se structurer correctement."

Et pour couronner le tout, l'Anversois se retrouva seul en tête bien trop tôt, et face au vent. "Quand Steven (Dejongh) s'est écarté, je me suis dit : Aie, aie, aie, qu'est ce que je dois faire ? Je voyais que tous les autres sprinters étaient là et j'ai un peu hésité, puis, j'ai reçu le coup et tout a filé entre mes doigts."

Toujours pas un Belge porteur du maillot jaune

Voilà comment, il y a toujours cinq ans qu'un coureur belge n'a plus porté le maillot jaune de leader du Tour de France. En juillet 2001, après avoir gagné l'étape d'Anvers, Marc Wauters avait, en effet, traversé la Campine et Lummen, sa ville, revêtu de la tunique de leader.

Un lustre plus tard, on s'attend pourtant à ce que Wauters soit quand même effacé des tablettes. Dès cet après-midi à Esch-sur-Alzette ?