ENVOYÉ SPÉCIAL À MILAN

En tant que vainqueur sortant, Alessandro Petacchi est sans conteste l' autre grand favori du Milan-Sanremo qui se profile. Assez bizarrement - il y a certainement un peu d'intox dans le chef du coureur italien - Petacchi ne place pas le champion du monde au-dessus des autres prétendants à la victoire sur la Via Roma. Ainsi, il réfute l'argument selon lequel Boonen serait plus fort cette année qu'en 2005 à la même époque. «Plus fort? Je ne crois pas, assène-t-il avec une moue dubitative. L'an dernier, après Sanremo, il a quand même remporté les Flandres et Paris-Roubaix. Ce n'est pas rien.» Par contre, le coureur de Milram rejette volontiers la pression sur les épaules de notre compatriote. «Ce n'est un secret pour personne, dit-il, Boonen veut commencer sa saison des classiques par une victoire à Sanremo. Cette fois, il sera dans l'obligation d'assumer son statut. Lui et son équipe, bien entendu. L'an dernier, c'est moi qui avais supporté toute la pression. Les rôles seront donc inversés cette fois-ci et ce n'est pas pour me déplaire. Eh oui, moi j'ai déjà gagné une fois et Boonen non. C'est toute la différence!»

Et c'est vrai que Petacchi est prêt. À Tirreno-Adriatico, il y a gros à parier qu'il aurait donné du fil à retordre à Bettini (vainqueur) les deux premiers jours, s'il n'avait fait la promesse à Erik Zabel de lui emmener les sprints pour remercier l'Allemand de l'avoir propulsé vers la victoire au Tour de Lucca. Zabel, le nom est lancé. Depuis le début de l'année, chacun se demande comment peut fonctionner une association qui paraît tellement contre nature entre l'Allemand et l'Italien. Zabel, quadruple vainqueur de l'épreuve, devrait se transformer en simple poisson-pilote pour le sprinter transalpin de Milram. «Je serai le leader pour Sanremo, lance Petacchi. Sauf si je devais avoir un jour sans. Alors, nous inverserions les rôles. On parlera en course et on décidera.»

© Les Sports 2006