Il a connu son jour de gloire le samedi 3 juillet, en sautant in extremis dans le train qui s'ébrouait à Liège. Peter Farazijn, rappelé quatre heures avant le prologue, avait remplacé au pied levé son coéquipier Matthew White, victime en fin de matinée d'une fracture de la clavicule en s'échauffant.

«Je ne devais pas partir en vacances, puisque j'étais prévu pour différentes courses au Portugal», disait hier le vétéran flandrien (35 ans) peu après l'arrivée à Guéret. «Mais je devais seulement m'y préparer pour les classiques de Coupe du Monde du mois d'août et la fin de saison. Or, le Tour de France, c'est quand même d'un autre niveau.»

Onze jours ont passé depuis le prologue de Liège et la Grande Boucle 2004 aborde sa seconde moitié. Peter Farazijn suit toujours le mouvement. «J'ai connu deux étapes plus difficiles que les autres», expliquait-il ensuite. «Paradoxalement, je n'étais pas bien du tout le jour des pavés où nous arrivions à Wasquehal chez notre sponsor (NdlR: il était pourtant le seul Cofidis à avoir su prendre place dans le premier peloton) mais aussi dimanche vers Quimper. J'espère toujours pouvoir finir à Paris, même si je sais que tout peut encore arriver. Sur le Tour, il suffit d'un mauvais jour et tout s'écroule. Mais si je raconte cette histoire dans vingt ou trente ans, personne ne me croira.»

A la garde d'O'Grady

En attendant, le Yprois est commis à la garde rapprochée de Stuart O'Grady, l'un des principaux candidats au maillot vert, rival donc de Robbie McEwen. «J'espère encore pouvoir me glisser dans une échappée mais on est certainement cent vingt à espérer cela», confiait Peter Farazijn, lequel n'aura pu assister dimanche dernier aux débuts de son fils aîné, Maxime, dix ans, qui a disputé sa première course cycliste.

«Il s'est classé quatrième», disait fièrement le papa. «Il était un peu nerveux et je suis certain que cela ira mieux dans les prochaines semaines. L'important est qu'il fasse du sport.»

© Les Sports 2004