La neige, tout le monde ne parlait que de cela, hier, alors que la saison belge s'apprêtait à frapper ses trois coups. Interrogé vendredi, Marc Sergeant arrivait encore à en rire. «Surtout à cause de la surprise, confiait-il. Je m'étais levé à 4 heures du matin, et il n'y avait rien du tout. A l'heure du petit-déjeuner, tout le décor avait changé, quasi pas un bruit dehors, presque pas de voitures, des enfants commençaient déjà à faire des bonshommes de neige. Voilà exactement les mêmes conditions qu'en 86, quand j'étais encore coureur et que tant le Volk que Kuurne avaient été annulés. Tous les coureurs s'étaient alors précipités aux Pays-Bas, afin de disputer le Tour du Limbourg où les routes étaient demeurées praticables.»

Le problème avec le vélo, contrairement à ce qui se passe en football, est qu'on ne peut quasi jamais remettre une course à une date ultérieure, le calendrier, surtout actuellement, étant beaucoup trop dense. Pour ce week-end, les coureurs restaient donc en état d'alerte, prêts à faire face à n'importe quelle situation. Si l'on devait se diriger vers une remise générale, il est certain que les organisateurs du Grand Prix Samyn, à Fayt-le-Franc, mercredi prochain, seraient les grands bénéficiaires de ce bouleversement.

Van Petegem à 80 pc

Les coureurs, toutefois, ne voulaient envisager encore ce cas de figure. Dans leur esprit, hier après-midi, le Volk aurait bien lieu. «J'ai été régulièrement en contact, au téléphone, avec Peter (Van Petegem) et je peux vous assurer qu'il est prêt, soulignait encore Marc Sergeant. Puisque le temps était contre lui hier, il s'est entraîné sur rouleaux. Mardi, il avait effectué une belle sortie, avec Baguet et McEwen, ce dernier m'a, du reste, affirmé avoir roulé près de cinq heures et demie.»

L'Australien pourrait être, selon le manager, la solution de rechange, chez Lotto-Domo, au cas où le leader convenu se ressentirait encore de son (dernier) refroidissement. «Mais je me sens mieux, rassure Van Petegem. Bien sûr, un petit coup de froid n'est jamais idéal avant une course, mais je sais que je me suis extrêmement bien préparé. Et cela, on ne peut pas me l'enlever. Toutefois, je dirais que je ne suis toujours qu'à 80% de ma condition.» Comme la plupart des grandes vedettes du peloton en sont au même point, cela ne devrait pas l'empêcher de jouer les premiers rôles. «Même quand on n'est pas au top de sa forme, il est toujours possible de gagner le Volk, car c'est une course qui se joue aussi tactiquement.» Et, dans ce domaine, Van Petegem n'a de leçon à recevoir de personne. Car le coureur Lotto a le nez, comme on dit, pour sentir quand il faut faire l'effort décisif. «Après Tirreno et Sanremo, j'aurai récupéré les pour cent qui me manquent. C'est à Waregem et à Harelbeke que je saurai exactement où j'en suis.» Et qu'il saura s'il peut à nouveau remporter le Tour des Flandres et, peut-être, Paris-Roubaix!

© Les Sports 2004