Philippe Gilbert n’a pas hésité à sacrifier ses chances pour aider Alaphilippe.

Une minute vingt-sept après la victoire de Julian Alaphilippe, ses équipiers Zdenek Stybar, Philippe Gilbert, Yves Lampaert et Elia Viviani ont franchi la banderole d’arrivée sur une ligne, bras levés vers le ciel.

"Je suis ému, c’est vrai", avouait Philippe Gilbert. "D’abord parce que Julian est quelqu’un que j’apprécie vraiment, avec qui je m’entends très bien depuis des années, avant même que nous ne soyons devenus équipiers. Ensuite, en quinze participations, c’est la première fois que je suis dans l’équipe du gagnant à Milan-Sanremo et franchement, c’est encore un sentiment plus fort que de monter sur le podium, comme cela m’est arrivé deux fois (3e en 2008 et 2011)."

Et puis, il y avait surtout la satisfaction du devoir accompli et celle de voir tout le travail ponctué par un nouveau succès.

"On a vraiment été la chercher en tant qu’équipe, c’est une victoire de l’équipe", continuait Gilbert. "Au pied du Poggio, Julian nous a dit d’accélérer. On a monté très, très vite, Stybar et moi, on s’est fait un peu la bourre, en se relayant. On a fait le maximum et ce n’était pas encore assez vite pour Julian. On est arrivé sur le replat, après la chapelle, j’étais à bloc, je ne pouvais pas aller plus vite. Quand je me suis écarté, il est parti. Il était très fort, il a fait la décision. C’était beau à voir, je pense. Mais après, j’ai entendu à la radio qu’ils étaient huit devant. J’ai espéré qu’il allait bien gérer les choses…"

Au départ, à Milan, le Liégeois était un des coureurs protégés.

"Oui, mais en course, les choses se font automatiquement", disait-il. "Quand on a un mec comme Julian, en grande forme, c’est normal de travailler pour lui. On a parlé en course, mais en fait on n’a pas besoin de le faire, on voit bien quand il est super. Il était nerveux et c’est souvent bon signe. Avec un coureur capable, comme lui, de gagner, il faut toujours jouer sa carte."

Dès vendredi, à Harelbeke, Philippe Gilbert espère que c’est la sienne que son équipe tirera.

"On verra", sourit-il…