Portrait

S’il est un coureur attendu pour l’ouverture de la saison des classiques, il s’agit assurément de Philippe Gilbert. Insatiable en fin de saison dernière, le leader de la formation Omega Pharma-Lotto nourrit d’encore plus grandes ambitions pour l’année à venir. Ses objectifs principaux restent les mêmes : les courses d’un jour, dont il s’est fait le grand spécialiste. A commencer par le Circuit Het Nieuwsblad (ex-Volk), dès samedi.

" Franchement, il me tarde d’y être, de m’imprégner de cette course, des classiques que j’aime vraiment beaucoup ", s’est épanché le Remoucastrien à l’issue du Tour d’Oman. Impatient, le coureur né à Verviers a toutes les raisons de l’être. Par deux fois déjà, il a recueilli les lauriers dévolus au vainqueur sur les routes de l’ancien Circuit Het Volk. Son premier succès, en 2006, est celui qui a marqué son entrée dans la cour des grands.

Certes promis à un brillant avenir, le jeune Philippe n’avait jusque-là que laissé entrevoir un potentiel énorme. En selle dès son plus jeune âge, ce cycliste en herbe ne faisait que suivre les traces d’une famille portée sur les deux roues. Entraîné par ses parents, il participe très vite aux courses juniors. En 2002, après avoir terminé ses humanités (en Horticulture), Philippe Gilbert intègre la catégorie espoirs. Principal fait d’armes : sa victoire au Championnat de Wallonie. Ses dix autres succès lui permettent de trouver grâce aux yeux des patrons de la Française des Jeux (FDJ) où il signe en 2003 son premier contrat pro.

Sans tarder, ce véritable baroudeur remporte son premier succès, au Tour de l’Avenir, pour sa première saison au sein de l’élite. Mais le petit Belge de la formation hexagonale ne s’arrête pas en si bon chemin. A la faveur de son coup de pédale puissant et régulier tout au long de la saison, Gilbert brûle les étapes et décroche une sélection en équipe nationale pour des Mondiaux d’Hamilton, dont il sera l’un des acteurs. Loin de passer inaperçu, son talent est récompensé par un Sprint d’Or, trophée réservé aux espoirs du cyclisme belge.

Ensuite, la progression du fleuron du cyclisme wallon est restée constante. Première participation à un grand Tour, le Giro 2004, victoire au général de la Coupe de France en 2005. Puis survient ce fameux tournant de 2006 au "Volk".

L’an dernier, le vainqueur d’étape sur le Tour d’Italie rentre au pays mais tient visiblement à s’en remettre au hasard. Après FDJ, il rejoint la formation Silence-Lotto (aujourd’hui Omega Pharma-Lotto) dont il s’est érigé en patron depuis le départ de Cadel Evans.

Désormais craint et respecté par l’ensemble du peloton, Philippe Gilbert affiche toujours une simplicité qui lui vaut un soutien populaire massif. Attachant, le Verviétois semble aux antipodes de la vie mouvementée d’un Boonen, par exemple.

Et si son palmarès pouvait paraître encore maigre, sa folle quinzaine de la fin de saison dernière est venue rectifier le tir. Au début du mois d’octobre, en effet, Gilbert a remporté quatre courses d’affilée : la Coppa Sabatini, Paris-Tours - en dominant Tom Boonen au sprint -, le Tour du Piémont et le Tour de Lombardie.

Ce tour de force ne passera bien sûr pas inaperçu. Philippe Gilbert fait l’unanimité auprès des jurés belges et internationaux et récolte le Vélo de Cristal 2009, le prix du Sportif belge de l’année 2009, aux côtés de Kim Clijsters, et Trophée national du Mérite sportif 2009 sans oublier le prestigieux trophée annuel des journalistes du cyclisme (AIJC). " Dans ma carrière, il s’agit de la période la plus belle et cela change un peu les choses. Maintenant, je sais que je dois continuer à gagner de grandes courses ."

C’est donc samedi que Philippe Gilbert lancera véritablement sa saison. Milan-San Remo, le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège seront dans sa ligne de mire. Mais peut-être Gilbert a-t-il tout spécialement épinglé deux dates sur son calendrier : le championnat de Belgique puis celui du monde le 3 octobre à Melbourne. Quant à sa participation au Tour de France, le Belge se tâte encore. " Je prendrai la décision d’y participer ou pas après Liège-Bastogne-Liège. J’avoue que le départ de Rotterdam et les deux étapes en Belgique et surtout à Spa, à 12 kilomètres de chez mes parents, c’est tentant."