Entretien

Lance Armstrong envisage clairement de couronner sa carrière avec une victoire dans le Tour de France 2010. Bien entouré et surtout unique leader d’une équipe entièrement dévouée à sa cause, le Texan se prend à rêver d’un huitième sacre sur les Champs.

Comment jugez-vous la situation à un peu plus de cinq mois du départ du Tour de France ?

Pour moi, elle est très différente. L’équipe RadioShack me met dans le confort quand il n’avait pas été possible d’entretenir une relation avec les Kazakhs d’Astana. Personnellement, je veux croire que la dernière saison, avec deux Grands Tours à mon actif, va beaucoup m’aider à être plus fort dans le Tour de France qu’en 2009. La victoire serait pour moi un moment incroyable, cinq ans après avoir décidé d’arrêter le cyclisme. J’étais déjà le vainqueur le plus vieux du Tour de France mais je le serai plus encore.

Votre directeur sportif, Johann Bruyneel, a dit que vous reviendrez ces prochains mois à un programme traditionnel ?

Il le sera forcément plus qu’en 2009. Je revenais de trois années sans compétition, j’ai mis beaucoup d’adrénaline dans ce come-back. Mais tout s’est fait dans l’urgence. L’entraînement à partir de l’été 2008, mon retour à la compétition en janvier en Australie, puis ma chute en mars ont tout compliqué. J’ai fait le Giro dans l’urgence puis je suis rentré aux Etats-Unis pour la naissance de mon quatrième enfant et enfin je suis revenu dans le Tour de France. Cette année, ce sera plus simple.

La victoire vous manque, où aimeriez-vous renouer avec elle ?

N’importe où, dans n’importe quelle étape Prenez le Tour des Flandres. C’est une course très difficile, qui requiert une grande expérience, une parfaite connaissance du terrain, une grande condition physique. Je ne peux être sûr d’y parvenir. La première victoire me fera très plaisir. J’aurais vraiment voulu disputer Paris-Roubaix mais Johann s’y oppose fermement.

Comment envisagez-vous le Tour de France 2010 ?

Difficile. Même la première semaine qui sera venteuse pour commencer. L’absence d’un contre-la-montre par équipes est négative pour RadioShack. Il y aura moins de contre-la-montre et ce n’est pas forcément bien. Dans l’ensemble, je pense que je vais être plus calculateur en étant encore plus concerné par la course.

Vous livrez déjà un combat psychologique avec Alberto Contador. Pensez-vous qu’il puisse plier ?

Alberto est un mec dur et je le crois très confiant, il pense qu’il va de nouveau gagner en 2010. J’ai fait certaines déclarations le concernant ces dernières semaines parce que j’ai lu des choses qui sont absolument fausses, c’étaient des conneries. Andy Schleck, par exemple, est totalement différent, je n’ai rien à dire de mal à son sujet. Je tiens à rappeler que par le passé, j’ai entretenu une bonne relation avec tous mes adversaires, Jan Ullrich qui ne parlait pas beaucoup, Ivan Basso ou Joseba Beloki. De toute façon, l’affrontement psychologique fait partie du cyclisme.

Votre force viendra donc du collectif ?

Je suis certain, en effet, que RadioShack sera très efficace mais je me méfie de ce qui se dit d’Astana. Contador et ses équipiers lisent les journaux et voient ce qui se dit d’Astana aujourd’hui mais ils auront à cœur de démontrer qu’ils sont forts. (Reuters)