Une petite salle, quinze sièges et... dix fois plus de journalistes présents. Il fallait jouer des coudes pour entendre ce que Jan Ullrich disait, hier, lors du point presse donné à l'hôtel Richelieu, où l'on ne s'attendait pas à un tel engouement de la part de la presse à l'idée de rencontrer le coureur de la formation T-Mobile. En débarquant dans la pièce, Jan Ullrich a immédiatement demandé à tout le monde de lui laisser de l'espace afin qu'il puisse mieux respirer. «Heureusement que, comme Armstrong, tu n'as pas, en plus, des gardes du corps», lui lança quelqu'un depuis le fond de la salle. «Moi, je n'en ai pas besoin, je peux me défendre tout seul», répondit-il dans la foulée, en déclenchant l'hilarité générale.

On pensait le ton ainsi donné, celui d'un réel échange mais, une fois encore, on a pu constater hier qu'Ullrich n'était pas l'homme des grandes déclarations.

Néanmoins, en lisant entre les lignes de ses réponses, on peut en déduire que le coureur allemand se sent en confiance. «La première moitié du Tour s'est finalement bien passée pour moi», commençait l'Allemand. «J'ai réussi à éviter les chutes et j'aborde donc cette deuxième partie en pleine possession de mes moyens. Il est vrai que je compte malgré tout 55 secondes de retard sur Armstrong. J'aurais évidemment préféré avoir 55 secondes d'avance, mais je ne suis pas du genre à me retirer dans ma chambre pour pleurer. Aujourd'hui, je ne peux quand même plus rien changer à cette situation. Dans les jours qui viennent, par contre, je peux agir! Je n'ai toutefois pas l'impression que les équipes de favoris vont beaucoup bouger dans le Massif central, même si je suis d'avis qu'un nouveau Tour commence à partir de ce mardi. Ce sont les Pyrénées qui vont déclencher la grande bagarre et je vous le dis comme je le pense: j'ai hâte d'y être!»

On a déjà entendu cela dans la bouche de l'Allemand, mais on l'a rarement vu passer vraiment à l'attaque. «Je verrai d'abord comment sont mes jambes après ces dix jours de plat», poursuit le leader des T-Mobile. «Si elles me donnent de bonnes indications, alors je tenterai quelque chose. De toute façon, je crois pouvoir refaire mon retard progressivement, en reprenant 10 secondes par-ci, 20 secondes par là. Je prie pour que le soleil réapparaisse mais je me sens capable de lutter par tous les temps.»

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