Puerto : affaire classée !
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Cyclisme

Puerto : affaire classée !

Philippe Van Holle

Publié le - Mis à jour le

L'information était dans l'air depuis jeudi dernier déjà, mais elle a été confirmée hier à Madrid : la justice espagnole a classé sans suite l'affaire Puerto, un nom tristement célèbre depuis juillet de l'an dernier, lorsqu'elle avait provoqué un vent de panique sur la plus grande épreuve cycliste du monde : le Tour de France.

Un vent qui avait balayé de la Grande Boucle toute une série de coureurs, et non des moindres puisque Francisco Mancebo, Jan Ullrich et Ivan Basso, pour ne citer que ces trois ténors, avaient été interdits de départ, pour dopage présumé à l'aide de transfusions sanguines. Toute l'équipe Astana s'était, elle aussi, vu refuser sa participation au Tour 2006, car plusieurs coureurs repris dans la sélection semblaient, a priori, également impliqués dans le cadre de cette affaire. Du coup, bien que son nom ne fût pas cité dans ce dossier, leur leader, Alexandre Vinokourov, contraint et forcé, avait dû renoncer au principal objectif de sa saison.

Bref, un énorme tumulte et une énième bombe dans le monde du cyclisme qui n'avait certes pas besoin de ça. On citait certes d'autres sports impliqués dans ce qui apparaissait comme un vaste réseau de dopage, mais - comme d'habitude serions-nous presque tentés d'écrire - seuls des noms de coureurs avaient été divulgués.

Où cela allait-il les mener ? Nulle part, on le sait aujourd'hui, du moins, en ce qui concerne la justice espagnole. Bien sûr, le parquet pourrait encore aller en appel de la décision rendue hier, mais c'est peu probable. La position prise par le juge Antonio Serrano, en charge de l'affaire, semble inattaquable aux yeux des spécialistes de droit espagnol : au moment des faits, il n'existait pas, dans ce pays, de loi réprimant pénalement le dopage, au contraire, par exemple, de ce qui est en application en Italie et en France.

En réalité, cette affaire Puerto aura au moins eu le mérite de faire bouger les députés espagnols, qui approuvèrent, le 2 novembre dernier, une nouvelle loi prévoyant des peines de prison pour les fournisseurs de produits dopants aux sportifs, ainsi que pour les incitateurs à la consommation desdits produits.

C'est bien, mais c'est trop tard pour pouvoir poursuivre les cinq véritables chevilles de ce réseau : Fuentes, ex-médecin des équipes Kelme et Once, Sainz, manager de la formation Liberty, Labarta, directeur sportif de l'équipe de Valence, Merino, un médecin madrilène, et Leon, un vététiste... À quoi tient une condamnation quand même, à une loi votée 6 mois plus tôt ou 6 mois plus tard...

En attendant, Jan Ullrich, lui, n'a plus de boulot. Rassurez-vous, nous n'allons pas le plaindre. Que les autres, ceux qui ont retrouvé une équipe, se gardent toutefois bien de trop pavoiser, car, comme vous le lirez par ailleurs, l'UCI, elle, a repris le dossier et n'est pas près de lâcher le morceau, autrement dit de lâcher les tricheurs....

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