ENVOYÉ SPÉCIAL À ROUBAIX

Les Quick Step de Johan Museeuw et les Lotto- Domo de Peter Van Petegem n'avaient guère de chances de se côtoyer, ce vendredi, sur les pavés de l' Enfer du Nord. Tandis que les uns ont roulé de Haspres (secteur17) à Cysoing (secteur5), soit 90km, les autres sont partis de Troivilles (secteur26) pour s'arrêter juste après la Forêt d'Arenberg (secteur15), soit 70km. Il n'empêche, pour se renvoyer la balle, Museeuw et Van Petegem sont les rois! Ainsi, à la question de savoir s'ils figurent parmi les favoris de cette 102e édition de Paris- Roubaix, le premier répond: «Comment voulez-vous que je sois favori alors que je n'ai pas encore gagné une course cette année?» Et l'autre: «Moi non plus je n'en ai pas encore gagné. Mais je suis persuadé que Paris- Roubaix est l'objectif de Museeuw!»

Après un Tour des Flandres où les gros mollets n'ont jamais été dans le coup, Johan Museeuw et Peter Van Petegem veulent éviter toute pression. Auteur du doublé Tour des Flandres - Paris-Roubaix l'an dernier, Van Pet n'a d'ailleurs pas son pareil en la matière. Malgré son échec de dimanche dernier, le citoyen de Brakel n'a pas modifié son approche de la Reine des classiques. «J'ai effectué une sortie de six heures ce mercredi! explique le leader des Lotto-Domo. Sinon, ce fut une semaine assez calme. Ceci dit, il est inutile de vouloir comparer une année avec une autre. Il suffit de voir le déroulement du dernier Ronde pour s'en convaincre. Nul ne s'attendait à ça!»

C'est d'ailleurs à la vue de celui-ci que Van Petegem pointe Dave Bruylandts parmi les hommes en forme. Mais l'Anversois ne roule pas ce dimanche! Qui seront, dès lors, les hommes à suivre? «Je pense que plusieurs formations comptent des coureurs capables de s'imposer à Roubaix! précise- t-il. Ainsi, chez Quick Step, je vois Museeuw, bien sûr, mais aussi Boonen et Knaven. Chez T-Mobile, il y a Wesemann et Klier. Chez US Postal, Hincapie. Chez Saeco, Pieri. Et pourquoi pas Frank Vandenbroucke?»

Reste que Johan Museeuw est candidat à une quatrième victoire. De là à la lui offrir en cadeau d'adieu, il y a un pas que Van Petegem ne franchit pas. «J'ai beaucoup de respect pour Johan. Il n'y a d'ailleurs pas un coureur dans le peloton qui n'éprouve pas de respect pour lui. Mais il s'agit quand même de Paris- Roubaix! Ce n'est pas la kermesse de Gistel... En tout cas, s'il est logique que toute son équipe essaie de lui offrir la victoire, je ne vois pas un adversaire qui n'a pas encore remporté une classique lever le pied parce qu'il s'agit de Museeuw.»

Quant aux conditions climatiques, Peter Van Petegem préfère le sec, un peu comme ce vendredi à l'entraînement. «J'étais derrière Johan Museeuw lorsque celui-ci est tombé en 1998. Croyez-moi, c'était impressionnant! C'est pourquoi j'aime autant rouler sur des pavés secs. La course sera plus rapide.»

Nombreux sont ceux dans le peloton qui auront les deux yeux rivés sur la météo de dimanche!

© Les Sports 2004