ALSEMBERG En détaillant le tableau d'honneur de la 43e Flèche Brabançonne, on pouvait constater, ce dimanche, que parmi les cinq premiers classés, on répertoriait trois titres mondiaux (les deux de Freire et celui de Vainsteins) ainsi que tous les titres de noblesse que Boogerd, déjà vainqueur de la Brabançonne en 2001, peut véhiculer, de l'Amstel Gold Race à Paris-Nice en passant par la Semaine Catalane, des succès d'étape sur le Tour de France ou des places sur le podium dans des monuments comme Liège-Bastogne- Liège. Bref, on connaît quelques organisateurs de classiques de la Coupe du Monde qui paieraient de leur poche pour visualiser un ordre d'arrivée semblable à celui de ce dimanche à Alsemberg.

Comme à Harelbeke la veille, c'est encore un coureur néerlandais de la formation Rabobank qui a brandi le bouquet du vainqueur. Actuel n°13 mondial, Michael Boogerd, qui a un moment envoyé sur les roses son équipier Marc Lotz, coupable à ses yeux d'avoir ramené en tête de la course Luca Paolini alors que l'Italien a accompli tout l'effort seul, Michael Boogerd, donc, a pu construire son premier succès de l'exercice 2003 sur les épaules d'un gros calibre tel qu'Oscar Freire. «J'ai apprécié la manière dont Oscar a su user les jambes de Paolini dans la finale, devait reconnaître Boogerd. Je saurais lui renvoyer l'ascenseur. Quand? Dans les délais les plus brefs.»

La forme de Freire

Au Tour des Flandres, par exemple, une course vis-à-vis de laquelle le Néerlandais n'a jamais nourri un amour débordant mais qui, en revanche, doit occuper les pensées du coureur de Cantabrie. Oscar Freire est en forme en cette première partie de saison (deux étapes à la Ruta del Sol et une à Tirreno) et il ne cache pas sa condition au sein du peloton. Lorsque Boogerd a attaqué à 800 mètres de la ligne, Paolini, qui confirme en Belgique les excellentes sensations qui étaient déjà les siennes à Milan-Sanremo, ne recelait plus le jus nécessaire pour aller le rechercher. «Je suis épaté par l'homogénéité et l'équilibre qui règnent chez Rabobank, sourit Freire. Le Ronde ? Bien sûr qu'il m'intéresse! Vous savez, aucun Espagnol n'a gagné le Tour des Flandres. Alors, vous pensez si cela me fait saliver d'envie.»

Hier, la maîtrise des Rabobank s'est aussi traduite par l'offensive menée à quarante bornes du terme par Bram De Groot. «Mais attention, la Flèche Brabançonne, ce n'est pas le Tour des Flandres, tenait cependant à prévenir Boogerd. Tout sépare ces deux courses, tant au plan de la densité et de la tension nerveuse qu'à celui strictement lié aux difficultés.»

On ne le contredira pas mais il est tout aussi évident que ces Rabobank-là feront tout pour que le Tour des Flandres ne tombe pas tout cuit dans le bec des Quick Step-Davitamon ou des Lotto-Domo.

© Les Sports 2003