Il n'y a jamais de fumée sans feu. Le juge chargé de l'instruction de l'affaire Edita Rumsas, épouse du coureur cycliste lituanien Raimundas Rumsas, a reçu un rapport d'expertise qui « ne laisse guère planer de doute sur les pratiques » de son mari en matière de dopage, a révélé mardi le quotidien français Le Monde.

La jeune femme avait été interpellée le 30 juillet 2002, jour de l'arrivée du Tour de France, en possession d'une importante quantité de produits pharmaceutiques.

Placée en détention provisoire pendant 73 jours, elle a été mise en examen pour, notamment, «prescription, cession, offre, administration, facilitation et incitation à l'usage de substances dopantes à un sportif».

Le coureur, non directement mis en cause dans ce dossier, a été contrôlé positif à l'érythropoïétine (EPO, favorisant la production de globules rouges) à l'issue de la 6e étape du Tour d'Italie le 16 mai dernier. Il a contesté le résultat de cette analyse et réclamé une contre-expertise.

Pas pour la belle-mère

Selon le journal, en date du 18 juin, le rapport de 585 pages, établi par le Dr Gilbert Pépin et remis au juge Franck Guesdon en novembre 2002, bat en brèche les arguments avancés par Edita Rumsas lors de son interpellation.

«Lors des auditions réalisées par les services de police, Edita Rumsas a affirmé souffrir d'anémie, de problèmes gynécologiques et de problèmes de tension (...) Nous pouvons affirmer qu'aucun des produits saisis n'est indiqué dans ce type de pathologie», déclare l'expert, responsable du laboratoire Toxlab, qui rejette également l'hypothèse que ces produits puissent soigner les pathologies de la belle-mère du coureur (Olga Jakstiene) comme l'a évoqué Edita Rumsas.

Le Dr Pépin lève aussi le voile sur les produits non référencés.

«Tous les produits neutralisés figurent sur la liste des produits dopants», assure-t-il en précisant notamment que le liquide incolore contenu dans six seringues prêtes à l'emploi est bien de l'EPO.

Prescriptions médicales

L'expert confirme que «les quantités saisies semblent correspondre au traitement d'une personne», ce qui corrobore l'hypothèse d'un dopage individuel et disculpe l'équipe italienne Lampre, laquelle a suspendu provisoirement le coureur lituanien après son cas positif du Giro.

En revanche, le Dr Pépin évoque dans son rapport le médecin de la formation italienne, le Dr Ibarurgen-Taus: «Les produits prescrits à M. Rumsas par le Dr Ibarurgen-Taus le 1er juillet 2002 sont pour la grande majorité des nutriments en vitamines ou des acides aminés (...) couramment utilisés comme protecteurs hépatiques lors de la consommation intensive d'autres médicaments ou de produits dopants.» (AFP)

© Les Sports 2003