Laurent Jalabert : "Je suis surpris. C'est difficile d'arrêter une carrière. Sans doute avait-il pris une claque après son éviction du Tour d'Italie 1999. Il a peut-être commis des erreurs mais il n'a pas eu l'occasion de se racheter. Il a toujours été dans le collimateur. C'est difficile d'être sans arrêt la cible des soupçons quand on a connu la gloire, surtout en Italie, pays de fanatisme. J'ai le sentiment qu'il avait perdu la foi en la course, la foi en la vie. Il faut avoir été sportif de haut niveau pour comprendre que, lorsqu'il faut retrouver le moral, il y a besoin d'avoir la vie rose. Lui, il a eu des désillusions. Finalement, il a dû se dire: ‘A quoi bon...’ C'était un génie Pantani. Je garde les images de lui dans le Galibier, et même dans le Giro 2003, la détermination dans son regard... Ce n'est pas juste de le résumer à des questions de dopage, de dépression."

Lucien Van Impe : "Certains vont bien sûr s'emballer et parler d'affaires qui n'en sont pas. Le dopage a peut-être un lien indirect avec la mort de Pantani, mais n'émettons pas de jugement prématuré. Marco Pantani était lassé de son succès. En Italie, il ne pouvait plus mettre le nez dehors. Sa popularité a pris des proportions incroyables. Les choses se sont détériorées depuis son exclusion du Giro. Il est tombé dans un trou profond, dont il n'est jamais sorti. Il a bien tenté de raviver la flamme mais ce n'était plus comme avant. Je pense que Marco Pantani était le dernier des véritables grimpeurs. Lance Armstrong est aussi très bon en montagne mais avec Pantani, c'était autre chose. Ce brin de punch supplémentaire qui différencie les grimpeurs racés des autres coureurs. Le décès de l'Italien fait beaucoup de mal au cyclisme."

Eddy Merckx : "Après son succès au Tour d'Italie et au Tour de France la même année (1998), il a certainement commis des erreurs, mais il était la proie de la justice italienne qui ne l'a pas lâché et je pense que ça l'a détruit complètement. Une fois la carrière terminée, il est certain qu'on est abandonné. C'est du chacun pour soi et Dieu pour tous."

Richard Virenque : "Je suis révolté. Je savais Marco dépressif. Les médias y sont vraiment pour quelque chose. Ils ont attaqué un homme dépressif. Cela peut conduire aux pires extrémités. Si vous avez une famille autour de vous pour vous aider, vous surmontez la situation, sinon, vous pouvez faire des choses incompréhensibles, définitives. Marco est parti en dépression. Et il est mort. Il n'y a rien à rajouter."

Jan Ullrich, grand rival de Marco Pantani, a eu un véritable choc en apprenant la nouvelle du décès de celui-ci. "Il était stupéfait, mais aussi catastrophé", confie en effet son mentor Rudi Pevenage. "Jan savait que l'Italien n'allait pas très bien, mais sans imaginer un dénouement aussi dramatique. C'est un scénario qu'il n'avait sans doute jamais envisagé. Il n'y a jamais eu le moindre contentieux entre lui et Pantani. Ils ont beaucoup lutté l'un contre l'autre, mais toujours avec le plus grand respect réciproque. Jan trouvait d'ailleurs Pantani très sympathique, mais jugeait aussi qu'il était un coureur exceptionnel. Il est énormément touché par son décès..."