Pour José De Cauwer, il ne fait pas de doute que l'abandon progressif de la piste a été pour beaucoup dans le déclin de nos sprinters.

«Cette quasi-disparition nous a coûté de bons éléments. Pourquoi croyez-vous que l'Australie est l'un des rares pays à compter en son rang de solides routiers- sprinters? Parce que des bonhommes tels que Robbie McEwen, Baden Cooke, Stuart O'Grady ou Bradley McGee sont issus, précisément, de la piste. Il faut recréer chez nous la même école! A Anvers, il y a eu les Championnats du monde sur piste il y a deux ans mais l'enceinte n'ouvre qu'épisodiquement ses portes. Non, il faut plutôt s'orienter vers la piste couverte de Gand.»

A l'heure qu'il est, José De Cauwer ne voit pas un jeune susceptible de succéder un jour à Tom Steels. «Même en juniors, je n'en décèle aucun.»

Mais attention: il serait sot de penser que ce phénomène est étroitement ou exclusivement lié à notre pays.

«D'autres nations qui ont la culture du vélo dans le sang sont également aux abois, poursuit notre coach fédéral. En France, par exemple, tout le monde s'est emballé un moment pour Jimmy Casper mais ce dernier a, semble-t-il, complètement plafonné. Il ne s'est jamais véritablement mêlé aux meilleurs. Aux Pays-Bas, ils ne peuvent compter que sur Jan Koerts. C'est peu, non? Vous savez, les grands sprinters de ce monde peuvent se compter sur les doigts d'une seule main. Je citerai Mario Cipollini, Robbie McEwen, Alessandro Petacchi, Ivan Quaranta et Jann Kirsipuu. Même Erik Zabel n'est plus à répertorier comme sprinter vu que c'est devenu un coureur tout-terrain

Et quid de Tom Steels? «Il est regrettable qu'à cause de divers pépins physiques, il ait, disons, loupé ces deux ou trois dernières années, car n'oubliez pas que notre triple champion de Belgique a gagné quelque chose comme neuf étapes sur le Tour de France. Des étapes qu'il ne devait à personne...»

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