LUXEMBOURG Rik Verbrugghe n'a pas réalisé le coup d'éclat qu'on attendait de sa part dans le prologue qui a ouvert ce Tour de France. Dans le deuxième virage du parcours, au bas d'une forte descente, il a tiré tout droit. A partir de là, sachant que la moindre seconde perdue est capitale dans ce genre d'exercice, il n'a plus su retrouver la concentration nécessaire pour réaliser l'exploit dont il rêvait.

`Je n'affirmerai pas que j'ai perdu le prologue uniquement par le temps que j'ai laissé dans cette fausse manoeuvre, confiait Rik, visiblement déçu, même s'il est vrai que j'ai dû faire un gros effort pour relancer la machine, en repartant quasiment de la vitesse zéro. Mais cette erreur d'appréciation est venue ébranler ma confiance. Par la suite, je ne suis plus parvenu à penser positivement. Je ne peux pourtant pas dire que j'ai mal roulé. Au contraire même, j'avais d'assez bonnes sensations mais lorsque le moral n'est pas à 100%, il est impossible d'aller puiser dans ses réserves le petit plus qui fait la différence.´

`Je peux encore rêver du jaune cette semaine´

Rik Verbrugghe n'est cependant pas du genre à se laisser abattre.

`Quand on est un sportif de haut niveau, il faut pouvoir se remettre en question, surtout après un échec, poursuit le citoyen de Chaudfontaine. Mon but ultime était de conquérir le maillot jaune et il le demeure. La première place de Lance Armstrong est logique. Bien avant le prologue, j'avais fait de l'Américain mon favori! Je ne pense pas, toutefois, que l'équipe US Postal ait vraiment envie de dépenser trop d'énergie à préserver, dès le deuxième jour du Tour, la place de leader au classement général. Je ne suis qu'à vingt secondes de ce maillot jaune, ce qui correspond à une victoire d'étape! Je demeure persuadé que je peux atteindre mon objectif dans la première semaine de l'épreuve. C'est désormais cette seule pensée qui occupera mon esprit. Bien sûr, aujourd'hui, on me connaît, et l'on me surveille, certes, de beaucoup plus près. Mais je pars du principe que, de toute façon, une victoire d'étape à la Grande Boucle n'est jamais acquise sans peine, dès lors...´

Malade en Catalogne

Après avoir répondu à quelques questions des journalistes radio et télé, Rik Verbrugghe enfourchera sa bécane pour rentrer à l'hôtel, histoire d'évacuer la pression du premier jour.

Pour notre part, après avoir raté la navette qui devait nous ramener à la salle de presse, nous ferons du stop. Très courtoisement, Claudy Criquielion s'arrêtera pour nous proposer un lift... en même temps qu'un commentaire sur la contre-performance de son leader.

`Je pense que Rik a manqué d'un peu de fond à cause de son abandon (sur maladie) au Tour de Catalogne´, estime le directeur sportif de la formation Lotto. `S'il avait terminé cette épreuve, je suis persuadé qu'il aurait été champion de Belgique et qu'il aurait remporté ce prologue!´

Avec des si, c'est vrai, on peut refaire la face du monde...

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