On aurait tort de considérer que Rik Verbrugghe, vainqueur hier à Malines du prologue du Tour du Benelux, le nouvel Eneco Tour hollando-belge, ne doit son succès qu'à la pluie qui commença à tomber alors qu'il restait une trentaine de coureurs à s'élancer. Quand Rik Verbrugghe descendit du podium où il avait revêtu le maillot rouge de leader de l'épreuve, le soleil se remit à luire avec éclat. «J'ai eu un peu de chance, c'est vrai», reconnaissait Verbrugghe avec un petit sourire. «Mais après tous mes malheurs de ces dernières années, je crois bien que je le méritais. Je ne sais pas à qui je dois dire merci, mais je le fais.»

Le Wallon n'a pas volé son succès car le temps qu'il avait réussi (à la moyenne de 50,652km/h!) lorsque les premières gouttes commencèrent à tomber de plus en plus nombreuses sur la Grand-Place de Malines n'aurait pas été battu (et encore, l'aurait-il été?) par plus d'un ou deux adversaires, à savoir le champion d'Espagne Jose Ivan Gutierez ou Leif Hoste. Parti volontairement dans le premier tiers des concurrents, le coureur de Quick Step-Innergetic avait pourtant terminé son effort avec une impression mitigée. «La météo annonçait des averses, mais pour le même prix, c'est moi qui aurais roulé sous la pluie...»

Voilà donc le Liégeois placé dans une meilleure position encore que celle qu'il espérait avant le départ. Bien sûr, dès aujourd'hui, le maillot de Verbrugghe risque d'être mis à mal, notamment parce que trois sprints intermédiaires et l'arrivée offriront des bonifications (3, 2 et 1secondes dans les rushes, 10, 6 et 4 en fin d'étape).

A priori, même le 60e du prologue, retardé de dix-neuf secondes, peut rêver de prendre le maillot à Mierlo, même en cas d'arrivée groupée.

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