A la veille de l’étape reine qu’un autre Français, Sylvain Chavanel, abordera avec le maillot jaune, le peloton a été piégé par les baroudeurs.

L’Allemand Heinrich Haussler, le vainqueur du premier (et seul) sprint massif pour le succès d’étape lundi dernier, s’est imposé une nouvelle fois aux autres spécialistes.

Mais il a pris seulement la quatrième place de l’étape, à deux minutes et demie d’un trio d’échappés à l’arrivée des 204 kilomètres. Roy, qui a lancé le coup dès le treizième kilomètre, Voeckler et l’Allemand Tony Martin ont passé la journée à l’avant de la course.

Les trois hommes ont compté jusqu’à sept minutes d’avance et ont préservé un avantage suffisant au premier passage sur la ligne (4 min 30 sec), à 25 kilomètres de l’arrivée, pour se disputer le gain de l’étape. Voeckler et Martin ont tenté de démarrer à tour de rôle avant que Roy, qui avait laissé faire ses deux compères, porte son attaque à sept kilomètres de l’arrivée.

Contador attendu à Lure

Le Français, âgé de 25 ans, a bénéficié de la surveillance réciproque entre Voeckler et Martin pour s’imposer de plusieurs longueurs à son compatriote, revenu trop tardivement, et signer sa première victoire depuis ses débuts professionnels en 2003. "C’est ma deuxième saison pleine chez les pros, a expliqué Roy. Je ne suis pas un grand champion", a estimé le jeune Français.

"Mon registre, ce sont les échappées au long cours. Quelquefois, il ne faut pas être le plus fort pour gagner", a ajouté le vainqueur du jour qui avait pris la dernière place de l’étape précédente à Saint-Etienne. "Je voulais rentrer chez moi, j’étais mort, exténué !"

Chavanel a surtout cherché à récupérer avant l’étape de la Montagne de Lure, la seule arrivée au sommet de l’épreuve. "Contador est le meilleur grimpeur du monde, je ne vois pas qui peut le battre", a déclaré le leader de l’épreuve qui va chercher à s’accrocher au maximum.

Gilbert jette l’éponge

Régulièrement lâché depuis le début de l’étape, Philippe Gilbert a mis pied à terre, au km 113. "Arrivé au sommet du col, j’avais deux minutes de retard, cela n’avait plus de sens de continuer, racontait le Wallon, revenu en voiture. Hier (mercredi) et avant-hier, je n’étais pas bien déjà. Aujourd’hui, j’ai été en difficulté dès que la route montait."

Le Liégeois ne peut pas expliquer son mal. "J’ai d’énormes douleurs musculaires, poursuivait-il. Il y a un problème, sans doute physique, mais je ne sais pas lequel. On a fait des analyses de sang ; on va en refaire. Ça a commencé en Algarve, après mon échappée du vendredi, expliqua encore Gilbert. Je ne me suis pas inquiété ; j’ai cru que c’était normal, après les efforts consentis. Depuis lors, ça persiste et ça a même empiré ces derniers jours. Quand je pédale, c’est comme si je produisais des toxines en permanence ; j’ai une tension dans les muscles."