Super Mario conclut ainsi de la plus belle manière qu'il soit une année 2002 grand cru pour lui. Ces championnats du monde font suite à des victoires dans Milan-San Remo et Gand-Wevelgem, six étapes du Giro, 3 dans la Vuelta.

Les Belges quittent leurs championnats du monde bredouilles. Pas de médailles et la 18e place de Peter Van Petegem chez les pros comme consolation. Tom Steels (22e) et Ludovic Capelle (25e) étaient également dans le premier groupe, épargné par une nouvelle chute dans le final.

La course avait démarré lentement. Les Français attaquaient dès les premiers mètres par l'intermédiaire de l'inusable Jacky Durand. C'était un autre Français, Christophe Moreau, rejoint par le Kazak Dmitriy Muravyev qui allait être au départ de l'échappée la plus longue de ces championnats du monde. Au 9e tour, Moreau profitait de la petite bosse pour lâcher Muravyev. Mais son épopée au long cours ne survivait pas au 11e tour. Le Français aura été devant durant près de la moitié de la course.

Les échappées se succèdaient mais seule celle initiée par l'ancien champion du monde suisse Oscar Camenzind, accompagné de l'Autrichien Peter Wrolich et de l'Anglais David Millar prenait quelques proportions. Bons rouleurs, les trois hommes compteront 1:30 d'avance mais seront repris à 4 tour de l'arrivée. Le ton se durcissait et le 18e tour se bouclait à plus de 51 km/h.

Attaques belges mais arrivée italienne

Les Belges choisissaient les cinq derniers tours pour se montrer. Ludo Dierckxsens initiait le mouvement avant de laisser la place à Nico Eeckhout (trois fois), Peter Van Petegem, Marc Wauters et Johan Museeuw, suivi comme son ombre par Paolo Bettini. Mais le peloton revenait irrémédiablement. Les Italiens ne laissaient rien partir mettant en marche le train bleu. "Pour sortir du peloton, il fallait être à 70 km/h. Cela aurait été plus facile avec une moto", ironisait Ludovic Capelle à l'issue de la course.

L'Espagne perdait Oscar Freire sur crevaison dans l'avant-dernier tour alors qu'aucune tentative ne se dessinait dans les derniers kilomètres tant le schéma italien était bien préparé. Et les hommes de Franco Ballerini voyaient leur tâche encore simplifiée par une chute massive qui intervenait à 2 km de l'arrivée et scindait le peloton en deux. Seule une trentaine de coureurs réussissait à garder le sillage italien. Emmené sur un plateau, Mario Cipollini plaçait un dernier coup de rein à 150 mètres de la ligne pour devancer Robbie McEwen et Erik Zabel.

Les Belges se montraient impuissants et le seul atout belge dans le sprint, Tom Steels s'avouait vaincu. "Les coureurs ont fait ce que je leur avais demandé samedi soir. Je n'ai vu aucune faute mais il nous manque vraiment un sprinter. Ce n'est plus le Tom Steels d'il y a deux ans même s'il a déjà remonté une partie de la pente", expliquait le sélectionneur fédéral après la course. Le bilan belge reste néanmoins bien maigre...