Surdoué. Voilà le mot qui pourrait qualifier ce phénomène de Peter Sagan. Le coureur slovaque n'aura attendu que son deuxième jour de course sur la Grande Boucle pour lever les bras à l'arrivée. Un geste devenu habituel cette saison pour celui qui a déjà gagné 18 bouquets. Et dire qu'hier, après un prologue raté, il avait admis avec humilité qu'il n'était sans doute pas aussi fort que sur les routes du Tour de Suisse. Heureusement se diront sans doute ses adversaires...

Morkov, roi des bosses

Pour cette première étape en ligne, les coureurs ne prenaient pas la route la plus rapide pour effectuer le court trajet entre Liège et Seraing. En effet, 198 km agrémentés de 5 bosses de 4e catégorie étaient au programme du jour. Il ne fallait pas attendre très longtemps pour voir la première échappée matinale se former. Après deux petits kilomètres de course, six coureurs prenaient la poudre d'escampette. Ce groupe composé de quatre Français, Nicolas Edet, Maxime Bouet, Yohan Gene et Anthony Delaplace, d'un Danois, Michael Morkov et d'un Espagnol Pablo Urtasun creusait rapidement l'écart, mais celui-ci n'allait jamais excéder les cinq minutes en raison du tempo imposé par les Radio Shack de Fabian Cancellara.

Désireux d'enfiler le maillot à pois à la fin de la journée, les échappés s'expliquaient en haut des côtes et sur celles de Cokaifagne, de Lierneux et de Barvaux, c'est Morkov qui se montrait le plus fort. Urtasun, qui franchissait en tête que la côte de Francorchamps, devait se faire une raison. Le maillot à pois allait être porté par les épaules de son adversaire danois.

Goss plus rapide que Cavendish

Au sprint intermédiaire, si Yohan Gene se montrait le plus véloce, c'est pourtant le passage du peloton qui allait retenir notre attention. Les cadors du sprint s'expliquaient pour la première fois, et c'est Matthew Goss qui s'offrait une victoire pour l'honneur au nez et à la barbe de Mark Cavendish. Mais les battus devront attendre demain pour prendre leur revanche.

Valverde et Monfort ralentis par les chutes

A l'approche de l'arrivée à Liège, cela frottait au sein du peloton et quelques chutes se produisaient. Parmi les principales victimes, Luis Léon Sanchez, Michael Rogers, Alejandro Valverde et Maxime Monfort. Mais, ces deux derniers parvenaient à réintégrer la meute au prix d'un bel effort.

C'est dans la côte de Seraing, située à 2,5 km de l'arrivée, que tout allait exploser sous l'impulsion de Sylvain Chavanel. Le coureur français faisait mal, mais ne parvenait pas à maintenir l'écart. Au sommet de la difficulté, Cancellara accélérait, emmenant Peter Sagan sur son porte-bagage. Ce duo, qui sera rejoint quelques mètres plus loin par Boassen Hagen, partait se disputer la victoire au sprint. Et fort logiquement, c'est le prodige slovaque, plus véloce, qui coupait la ligne d'arrivée le premier. Derrière Boassen Hagen qui complétait le podium, c'est Philippe Gilbert qui se montrait le plus fort du peloton des favoris. Sur ses terres, le Belge n'a pas démérité, mais n'avait pas les jambes pour accompagner les trois plus forts. Notons qu'un deuxième compatriote, Dries Devenyns, termine aussi dans le top 10.

Cancellara garde ses maillots

Le maillot jaune reste donc sur les épaules de Spartacus, qui conserve aussi sa tunique verte. Les pois tombent sur les épaules de Michael Morkov, alors que Teejay Van Garderen reste le meilleur jeune de l'épreuve.

Demain, ce seront les purs sprinteurs qui devraient s'expliquer à Tournai, après une étape longue de 207 km et un passage sur les pavés de la Citadelle de Namur.