ENVOYÉ SPÉCIAL À WASQUEHAL

Voilà six mois qu'Enzo Scifo a acheté Le 1815, à Waterloo, un hôtel situé à cinq minutes de son domicile privé et devant lequel la caravane du Tour est passée hier midi. Après des travaux de rénovation, l'établissement était comme neuf pour le passage de la Grande Boucle. «J'ai d'ailleurs accueilli des gens du Tour pendant deux jours au 1815», précise celui qui, par ailleurs, est directeur sportif du club de football de Tubize. Plus question pour lui de trop tâter du ballon. «Depuis que j'ai été opéré à la hanche, je dois faire attention avec le foot. Alors, je me suis dirigé vers le tennis et le cyclisme.»

Récemment, du reste, l'ancien Soulier d'Or a participé à son premier tournoi de tennis, dans lequel on retrouvait également un ancien Diable Rouge en la personne de Georges Grün, dont le niveau est d'ailleurs excellent.

«Je me suis piqué au jeu»

Mais revenons au vélo. Pour tous ceux qui l'ont connu footballeur, il est difficile d'imaginer Enzo en cycliste. «Je ne vais pas dire que je suis devenu un spécialiste, mais je roule quand même très régulièrement. Au début, c'était pour ma rééducation, mais je me suis assez vite piqué au jeu. Je ne suis ni rouleur ni sprinter, mais je passe bien les bosses. Je me range dans la catégorie des grimpeurs. J'avoue sans honte que, avant, je n'étais vraiment pas un fana de vélo, mais c'est venu comme ça, un peu par hasard. Dans un premier temps, je partais tout seul puis, progressivement, on s'est retrouvé à plusieurs et on a formé un petit groupe.»

Le cas d'Enzo Scifo n'est pas unique. Nombreux sont ceux qui découvrent le vélo parce qu'ils ne peuvent plus faire le sport qu'ils avaient choisi quand ils étaient gosses. Certains pros, même, nous racontent des histoires similaires. Ainsi, Alex Zülle et Magnus Backstedt, le récent vainqueur de Paris-Roubaix, étaient tous deux d'abord d'excellents skieurs. Armstrong, pour sa part, était triathlète avant de se découvrir une véritable passion pour le cyclisme. «Pour ma part, je m'étais dit que ce serait simplement pour une semaine ou quinze jours, mais j'ai rapidement eu envie de m'améliorer en machine. Il n'y a rien à faire, c'est plus fort que moi. Quel que soit le sport auquel je touche, j'ai besoin de me sentir performant. J'ai cela aussi avec le tennis et le ski. J'ai toujours envie de gagner. On ne fait pas des sorties de 150km, certes, mais plutôt 60 ou 70 bornes, à des moyennes de 29-30km/h. Cela m'a surpris. Aujourd'hui, je respecte l'effort des coureurs, même si je concède que je ne peux toujours pas regarder une étape du début à la fin à la télé.»

© Les Sports 2004