Le succès de Steffen Wesemann, dimanche dans le 88e Tour des Flandres, en partie occulté par la bisbrouille belgo-belge de Leif Hoste et Dave Bruylandts et mis un peu plus encore sous l'éteignoir par l'annonce du décès de Briek Schotte, n'a nullement surpris le milieu cycliste. «Il y a des années que l'Allemand est une des valeurs sûres pour les classiques des pavés, analysait Patrick Lefevere dimanche. On savait qu'un jour ou l'autre il finirait sans doute par en gagner une.»

Deuxième l'an passé à Harelbeke, où seul De Jongh l'avait devancé, Steffen Wesemann s'était également illustré à plusieurs reprises à Paris-Roubaix. Il monta ainsi sur la deuxième marche du podium roubaisien en 2002 derrière Museeuw (7e en 2001 et 9e en 2000). Cette simple constatation chiffrée en fait un des prétendants à la succession de Peter Van Petegem, dimanche, et donc au... doublé réussi par ce même Van Petegem il y a douze mois. Pour se préparer au mieux à sa visite en Enfer, le coureur de l'ex-Allemagne de l'Est fera l'impasse mercredi sur Gand-Wevelgem.

Le protégé de Walter Godefroot, auquel Wesemann a dédié son succès, revient aussi sur la finale du Tour des Flandres, et notamment sur la réaction de Leif Hoste quand Dave Bruylandts démarra en vue de la banderole. «J'ai beaucoup de maturité et j'ai su garder mon calme, a expliqué le coureur de T-Mobile, 33 ans et douze saisons chez les pros. J'avais bien vu que Bruylandts n'avait pas creusé un avantage suffisant. J'étais certain de le rejoindre et le battre au sprint.»

«Hoste: un excellent coureur»

Leif Hoste, la révélation du Ronde, est plus jeune que son vainqueur. Le coureur flandrien de Lotto-Domo entame bien sa septième saison au plus haut niveau mais c'est à vingt ans qu'il devint professionnel chez Vlaanderen avant de passer chez Mapei. Où Leif Hoste apprit à connaître Marc Sergeant comme directeur sportif.

«J'ai toujours pensé que c'était un excellent coureur, confiait hier le patron de Lotto-Domo. Quand il y a deux ans, Patrick Lefevere n'a plus eu de place pour lui dans son équipe, j'ai tout fait pour qu'il me suive. Je ne m'étais pas attendu à un tel résultat mais ce n'est pas non plus une surprise totale. Leif était bien depuis quelques semaines. Maintenant, je ne crois pas qu'on va lui changer son statut et en faire un leader de rechange. Comme Marc Wauters, c'est quelqu'un qui ne supporte pas la pression et perd une partie de ses moyens quand il se retrouve dans cette position. La semaine passée à La Panne, il s'énervait parce qu'il avait la possibilité de gagner. Finalement, il n'a pas réussi le temps que l'on était en droit d'attendre de lui dans le chrono. Alors, le mieux est qu'il continue à travailler pour les autres et en profite quand l'occasion se présente.»

© Les Sports 2004