Tchmil, principal candidat à sa propre succession

Cyclisme

CHRISTOPHE BLAIVIE

Publié le

Tchmil, principal candidat à sa propre succession
© (BELGA)

Tous les coureurs flamands rêvent d'épingler leur nom au prestigieux palmarès du Ronde Van Vlaanderen, leur Graal. Ainsi, sur la carte de visite d'Eric Leman, aujourd'hui grossiste en produits hygiéniques, on peut lire l'annotation suivante: «Eric Leman, vainqueur du Tour des Flandres en 70, 72 et 73.»

Le Tour des Flandres, c'est une classique nerveuse, jalonnée de monts et saupoudrée de pavés tantôt gentils, tantôt piégeux comme dans le Mur de Grammont, véritable Juge de paix de cette épreuve.

Le Tour des Flandres, c'est une affaire de spécialistes, un simple coup d'oeil sur le palmarès en atteste. Les héros ont pour noms Van Steenbergen, Van Looy, Leman, Godefroot, De Vlaeminck, Raas, Kuiper, Van Hooydonck, Museeuw Que des grands coureurs, que ce soit par la taille ou par le talent. Alors qu'il a dompté à sept reprises la Primavera, classique que l'on compare à tort? à une loterie, Eddy Merckx «n'a» conquis «que» deux bouquets au Ronde. Sur ce tourniquet, il ne suffit pas d'être fort, il faut aussi maîtriser les éléments et être épargné par la malchance. Ainsi, on peut se demander combien de victoires supplémentaires compterait Johan Museeuw s'il avait été épargné par la sorcière. Les trois succès du Lion de Gistel occultent bien entendu les éditions malheureuses.

Un seul succès au Ronde peut vous faire entrer dans la légende, comme ce fut le cas pour Eric Vanderaerden en 1985, qui inonda de sa classe un Tour des Flandres disputé dans des conditions dantesques.

Le Ronde, ce sont également des images qui marquent à jamais comme celle du vélo de Jesper Skibby, se faisant rouler dessus par la voiture du directeur de course alors qu'il gisait dans le Koppenberg.

Peut-être davantage que sur d'autres classiques, seuls les hommes forts gagnent au Tour des Flandres. Ainsi, alors qu'elle était considérée à l'époque comme une fausse note, la victoire de Jacky Durant en 1992 fut amendée par un palmarès que le nordiste se chargea de garnir au fil de sa longue carrière.

Bref, au Ronde, il n'y a pas de place pour les seconds couteaux. Les lauréats potentiels se comptent sur les doigts des deux mains et, paradoxalement, la classique flamande est l'une des plus agréable à vivre parce qu'il s'y passe toujours quelque chose.

QUI PEUT BATTRE TCHMIL?

C'est la question que bon nombre d'observateurs se posent tant le coureur de la Lotto paraît fort. Andreï Tchmil en route vers un doublé? C'est une probabilité intéressante; reste qu'en affichant son aisance, Tchmil s'est collé l'étiquette de favori sur le maillot. Malin comme un singe, le néo-Belge est capable d'assumer son statut de grand favori.

Derrière, c'est un peu la frilosité générale, au propre comme au figuré. Si l'on prend les derniers vainqueurs, le bilan de santé est assez édifiant: Van Petegem est malade, Museeuw n'est pas en condition, Sörensen n'est plus de prime jeunesse et Bartoli, après avoir fait l'impasse sur le dernier week-end, a abandonné aux trois jours de La Panne. Info ou intox? Toujours est-il qu'il faudra peut-être chercher un peu plus loin les véritables hommes forts de ce 85e

Tour des Flandres. Ainsi, Franco Ballerini, le coureur le plus régulier de ces dix dernières années, peut-il enfin se montrer opportuniste? Le massif italien a ses belles années derrière lui et on peut se demander si son véritable objectif ne sera pas Paris-Roubaix dans huit jours. Nico Mattan, vainqueur à la Panne, voudrait rattraper le temps perdu à jouer les porteurs d'eau de VDB. A-t-il l'étoffe? Wesemann a la cote, Vainsteins aussi. Erik Zabel, qui voudra défendre son maillot, risque d'être difficile à décrocher Et si 2001 était l'année d'un second couteau?

© La Libre Belgique 2001

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