"On a réussi à masquer un peu les choses ces derniers jours, mais lorsqu’arrivent les moments de vérité, il devient compliqué de bluffer…"

Livrés avant même que Thibaut Pinot ne franchisse la ligne d’arrivée 25 minutes après Peters, les propos de Marc Madiot sonnaient comme le cruel aveu du réalisme. Victime d’une lourde chute dans les trois derniers kilomètres de la première étape, sur la Promenade des Anglais de Nice, le leader de l’équipe Groupama-FDJ avait traversé les premiers reliefs et pièges de ce Tour sans encombre puisqu’il avait résisté au coup de bordure des Ineos vendredi et pointait à la neuvième place du classement général samedi matin, à 13 secondes seulement du maillot jaune d’Adam Yates.

Un peu plus de quatre heures plus tard, le Franc-Comtois avait dégringolé au trentième rang. La faute à un dos qui le fait toujours souffrir et un organisme qui reste traumatisé par sa cabriole niçoise et nécessite encore plusieurs heures de soins quotidiens.

"J’ai tellement mal au dos que je n’ai pas de force dans les ascensions et n’arrive pas à pédaler", soufflait le coureur de Mélisey. "Je veux m’excuser auprès de mes équipiers (NdlR : qui sont restés à ses côtés dans cette journée de galère, à l’exception de Bonnet contraint à l’abandon) et mes supporters car cela fait beaucoup de déceptions…"

Un coup dur qui pourrait bien être celui de trop pour Thibaut Pinot. "Cette journée est peut-être un tournant dans ma carrière car cela fait trop d’échecs pour moi. À mes yeux, le vélo doit être synonyme de victoires et de plaisir. L’équipe est très forte et on va maintenant se concentrer sur les victoires d’étapes."

Resté sur trois abandons consécutifs sur le Tour de France, le leader de chez Groupama-FDJ semble avoir définitivement dit adieu samedi à son rêve le plus fou : tenter de monter sur la plus haute du podium des Champs Elysées.