Ceux qui attendaient un mea culpa de Boonen, convaincu de prise de cocaïne à la suite d'un contrôle inopiné de la Communauté flamande, le 26 mai dernier, seront restés sur leur faim, même si le Campinois a avoué à demi-mots, dans un communiqué qu'il a lu, avoir commis des erreurs. La salle de conférence réservée pour l'occasion, la même qui, il y a moins de deux mois, au lendemain du deuxième succès de Tom Boonen à Paris-Roubaix, avait accueilli à peine une vingtaine de journalistes belges était cette fois beaucoup trop exiguë ! Des représentants de divers médias étrangers, allemands, italiens, anglais, néerlandais et français se pressaient en nombre au siège de Quick Step, à Wielsbeke.

A 10 h 30 tapantes, tandis que le moteur de vingt caméras se mettait en branle, alors que des dizaines de flashes crépitaient, Tom Boonen apparut par une porte dérobée, encadré par Patrick Lefevere mais aussi Frans De Cock et Luc Maes, les patrons de Quick Step et Innergetic. En retrait, Wilfried Peeters, son directeur sportif, et Paul De Geyter, son manager, assistaient à l'événement, le visage fermé. L'ancien champion du monde allait-il être lâché, sanctionné ou, au contraire, soutenu par ses employeurs ? Les dizaines de personnes présentes se perdaient encore en conjectures, jusqu'à ce que Tom Boonen, après avoir reconnu des écarts de conduite et exprimé ses regrets, remercie sa formation (et donc ses sponsors) pour son soutien.

Puis Boonen ne pipa plus un mot et même les sentiments qui l'habitaient ne purent se lire sur son visage tandis que Lefevere, en néerlandais, français, anglais et allemand, affrontait les questions de la presse. A vrai dire, c'est plutôt en touche que les proches de Boonen ont botté le problème, affirmant ne pas connaître tous les tenants et aboutissants d'une affaire, désignée directement comme privée, puisqu'elle ne résulte nullement d'un cas positif (à 24 heures près, le coureur a échappé à deux ans de suspension). Alors qu'ils espéraient encore à ce moment convaincre les organisateurs du Tour d'accepter, sur base de ce discours, le dernier maillot vert à Brest, Lefevere et ses sponsors ont surtout éludé la question des raisons qui ont conduit l'icône du sport belge à mettre en péril sa carrière.