ENVOYÉ SPÉCIAL À CAEN

L'affaire semblait cette fois s'emmancher correctement et cette première victoire d'étape attendue depuis cinq jours tendre les bras à Tom Boonen, quand le champion du monde a commis ce qu'il appelle «une petite erreur». Résultat des courses, c'est à la deuxième place que l'Anversois a échoué, à un vélo d'Oscar Freire, lequel, aux deux cents mètres, avait anticipé sur la droite de la route un sprint lancé de l'autre côté de la chaussée. «Steven (NdlR: De Jongh) a fait les choses à la perfection, mais j'ai hésité quelques secondes», disait-il ensuite. «Je n'aurais pas dû faire cela, mais après tout ce qui s'était produit ces derniers jours, c'est normal. Je pense que je suis un peu trop nerveux. Un sprint en deux temps à ce niveau, cela ne pardonne pas. J'ai pris le vent au lieu de rester un peu plus longtemps dans la roue de mon équipier.»

Jusqu'alors en effet, une fois les deux attaquants, Samuel Dumoulin et Bjorn Schröder, repris à moins de quatre kilomètres du but, le sprint avait semblé se dérouler correctement pour le maillot jaune. Pourtant, après que les Liquigas eurent (pour qui?) mené la meute jusqu'à la flamme rouge, Tosatto se porta au commandement, mais l'Italien, touché au genou lundi, dut s'écarter à 500 mètres de la ligne et laisser De Jongh produire son effort sans doute trop tôt.

Le Néerlandais sembla plafonner et c'est ainsi que Freire put porter son accélération meurtrière. «L'équipe est excellente, c'est la meilleure que j'aie eue au Tour depuis trois ans», tente d'expliquer Tom Boonen, pourtant pas aussi bien entouré qu'il le faudrait. «On ne peut pas dire que je rate mon début de Tour. Cela fait trois jours en jaune, je suis très content, mais ça coûte aussi de l'énergie, un maillot jaune. C'est vrai, j'aimerais gagner une étape, mais je me sens aussi plus visé avec ce maillot...»

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