Cyclisme

Avec une journée passée en jaune, le Tour de France de Tony Gallopin était déjà réussi. Le Français a mis une immense cerise sur son gâteau déjà copieux en résistant à un peloton amaigri par les côtes de la fin de parcours pour lever les bras à Oyonnax. Une journée également marquée par le retour de Jurgen Van den Broeck dans le top 10, suite à la minute perdue par Rui Costa dans le final.

L'étape était marquée d'une croix verte, mais n'a donc une nouvelle fois pas souri à Peter Sagan. Le Slovaque a pourtant tout tenté dès le départ de Besançon, partant même seul en échappée avant de mettre ses équipiers à l'avant du peloton pour chasser derrière les trois courageux du jour que sont Elmiger, Delaplace et Lemoine.

Aidés par les Orica, les hommes verts maintiennent l'écart dans des proportions raisonnables, à un rythme trop soutenu pour le malheureux Andrew Talansky qui, meurtri par des chutes encore plus nombreuses que celles des frères Schleck réunis, doit lâcher prise bien trop loin de l'arrivée. Abandonné par ses équipiers, le vainqueur du Dauphiné met pied à terre quand son équipe le met au plancher à l'avant du peloton pour favoriser le dessein d'un Tom-Jelte Slagter qui s'écrasera sur les premiers pourcentages dignes de ce nom. De longues minutes de discussion plus tard, l'Américain remonte en selle, des larmes sous les lunettes. Héroïque, il bouclera l'étape à 32 minutes du vainqueur du jour, cinq minutes avant le camion-balai.

Devant, Jan Bakelants allume la première mèche et prend Nicolas Roche, Cyril Gautier et Herrada sur un porte-bagages auquel Elmiger est le seul "matinal" à s'accrocher. Orica et Cannondale continuent leur forcing, et Nicolas Roche est le seul à résister au peloton jusqu'à la dernière côte. Enfin, la dernière côte répertoriée.

Car derrière, il reste une bosse. Presque insignifiante, même pas classée en quatrième catégorie. Mais suffisante pour Tony Gallopin, qui dégaine et entame la descente avec quelques mètres d'avance sur le peloton. Le Français résiste aux meilleurs descendeurs du peloton, avant d'être finalement rejoint par un trio Sagan-Rogers-Kwiatkowski dans les derniers kilomètres. Au milieu d'un combat d'égos, Gallopin voit sa chance et part dans un virage anodin.

Sagan fait presque tout le travail, et se retourne vers Kwiatkowski pour boucher les derniers mètres. Le Polonais refuse de mâcher le travail du maillot vert. Gallopin s'envole pour de bon, après une attaque bien sentie qui montre qu'il a évité le piège de l'école Europcar. Une nouvelle fois, Sagan rentre avec des points, mais sans lever les bras…

Gallopin résiste in extremis au sprint de la meute, lancée derrière un Degenkolb qui manque à cinquante mètres près sa première victoire d'étape sur les routes françaises. Côté belge, Van Avermaet doit se contenter d'une septième place. Tout profit pour le Français qui dépose une deuxième victoire d'étape dans la musette d'une équipe Lotto-Belisol qui a une deuxième raison d'avoir le sourire avec le retour de Jurgen Van den Broeck dans le top 10 suite au mauvais jour de Rui Costa.