Tour de France: de la friture sur la ligne
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Cyclisme

Tour de France: de la friture sur la ligne

Quentin Finné

Publié le - Mis à jour le

Le bras de fer n’en finit pas. L’interdiction de l’oreillette sur l’étape de ce mardi entre Limoges et Issoudun (mais aussi sur celle de vendredi entre Vittel et Colmar) suscite, c’est un euphémisme, la polémique. Dans le coin droit du ring, l’UCI et ASO. A la demande de l’organisateur du Tour, la fédération internationale a décidé de prohiber, à titre expérimental, l’usage de ce moyen de communication sur les 10e et 13e étapes.

Dans le coin gauche, Johan Bruyneel, dans le rôle du frondeur, et quatorze des vingt équipes engagées sur la Grande Boucle (toutes sauf La Française des Jeux, Cofidis, BBox, Agritubel, Garmin et Skil), lesquelles s’opposent fermement à cette interdiction et l’on fait savoir dans une pétition initiée par le manager belge d’Astana et parvenue samedi à minuit sur le Blackberry de Christian Prudhomme. "Je m’étonne quelque peu de la réaction tardive de ces groupes sportifs, analyse le directeur du Tour. Cela a été validé par le comité directeur de l’UCI le 19 juin et tout le monde était au courant."

Pour ceux qui en doutaient encore, le sujet est donc sensible et tient même de l’affaire d’Etat dans le peloton. C’est que derrière la remise en question de ce petit joujou technologique, c’est un pan entier de la tactique moderne qui se trouve menacé.

"Il faut offrir un vrai spectacle aux spectateurs et aux médias, argumente Marc Madiot, grand pourfendeur de l’oreillette. C’est le moment de savoir ce que l’on veut faire de notre sport. Il n’y a plus aucune spontanéité chez des coureurs dont le souci majeur est de tout contrôler. Sans oreillette, les leaders devront faire la course à l’avant du peloton pour savoir ce qui s’y passe. Il faut retrouver une forme de spontanéité, perdue depuis longtemps, dans la course."

Le clan Bruyneel en appelle lui à la sécurité du peloton. "Le Tour est trop énorme pour tenter ce genre d’expérience, analyse le boss de Contador et Armstrong. Il est trop encombré de voitures d’invités, de motos, de photographes. Il est injustifiable et inacceptable que, sur le plus grand événement de l’année, on fasse tout d’un coup une expérience pour voir ce qui va se passer."

Hier soir, en dépit de longues tractations, aucun compromis n’avait pu être dégagé.

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