Il la tient ! Après avoir fait trois fois deuxième et une fois troisième, le maillot vert a enfin levé les bras sur ce centième Tour de France. Sur la route d'Albi, Peter Sagan a pu compter sur le travail exceptionnel de son équipe dès la mi-course pour lui permettre de s'imposer dans un fauteuil.


Kadri prend les pois, Rolland prend un bide

Une fois n'est pas coutume, la première échappée n'est pas la bonne. Dommage pour la Belgique, puisque c'est Sep Vanmarcke, dauphin de Cancellara sur Paris-Roubaix, qui est le premier à tenter sa chance. Notre compatriote est rapidement repris, et le bon coup part dans la foulée avec Jens Voigt - franchement, six jours sans attaquer, on commençait à s'inquiéter - et Blel Kadri. Une chute retarde le peloton, qui laisse filer. Vande Velde abandonne, Boasson Hagen, Porte, Moreno et les autres se relèvent.

Kadri passe en tête au sommet des deux premières côtes du jour, et empoche sept points. Suffisant pour s'emparer du maillot à pois au nez et à la barbe d'un Pierre Rolland qui a encore dépensé de l'énergie pour défendre son maillot. En vain, ce qui a rendu son attaque dans le Col de la Croix de Mounis encore plus absurde que les précédentes.


Le coup de Cannondale

Dans ce fameux Col de deuxième catégorie, à plus de cent kilomètres de l'arrivée, les Cannondale se mettent à la planche en tête du peloton. Sagan veut son étape, et compte bien écarter tous les dangers potentiels de sa route. Et ça marche : Cavendish est le premier à lâcher prise, imité quelques minutes plus tard par Greipel et Kittel.

Kadri et Voigt sont repris. Dernier rescapé du carré d'as, Sagan demande à ses équipiers de poursuivre après le sprint intermédiaire. Et là, la question se pose: les petits hommes verts de Peter Sagan, que beaucoup jugent trop courts pour encadrer le Slovaque, tiendront-ils le coup face à un peloton de poursuivants où Argos, Omega Pharma et Lotto se relaient en tête ?


Bakelants, c'est costaud

Koren, Bodnar et les autres répondent par l'affirmative. Le duel dure de nombreux kilomètres, mais c'est le peloton des sprinters qui craque le premier, et laisse filer définitivement la première moitié de la meute. La cote de Sagan monte en flèche pendant que Jan Bakelants décide de remontrer un peu le maillot après deux jours d'accalmie. L'ex-maillot jaune sort en compagnie de l'Espagnol Oroz et du Français Gautier, qui trouvait qu'on ne voyait franchement pas assez le maillot Europcar à l'avant ce vendredi. Parce que Thomas Voeckler qui tire la langue en danseuse dans le groupe des sprinters, c'est pas super comme pub.

Le trio fait de la résistance, malgré le travail titanesque des Cannondale. Il faudra attendre la banderole des trois kilomètres pour que tout rendre dans l'ordre. L'équipe italienne ne se relève pas pour autant, et continue son travail de sape pour déposer Sagan dans la dernière ligne droite.


Sagan, ça gagne enfin

Degenkolb lance de loin contre les barrières pour tenter de surprendre le Slovaque. L'Allemand prend quelques mètres, mais celle-là, Sagan ne pouvait pas la rater. Le maillot vert bondit, décroche de sa roue un Bennati médusé et déborde Degenkolb dans une démonstration de puissance. Enfin, il tient son étape. Et consolide un peu plus sa tunique qui, sauf abandon, ne devrait plus quitter ses épaules jusqu'aux Champs Élysées.

Daryl Impey, lui, a passé une journée tranquille en jaune. Il en a profité, parce que samedi, ça devrait être une toute autre histoire. Finie la plaine, le peloton du Tour va attaquer les choses sérieuses avec le redoutable Port de Pailhères et la montée vers Ax-3 Domaines pour entamer les Pyrénées en beauté. Les favoris devraient enfin sortir de leur coquille, et les rivaux espagnols de Christopher Froome auront sans doute à cœur de faire le show devant leur public.