Favori au départ, vainqueur à l'arrivée. Les mauvaises langues diront que ça n'arrive pas souvent à Philippe Gilbert qui peut toutefois se targuer d'avoir accroché deux grandes classiques à son palmarès cette saison (l'Amstel et la Lombardie). Sans doute était-il le plus fort lors des championnats du monde, il y a deux semaines, mais le parcours en a décidé autrement.

Peu importe, la victoire était aujourd'hui nécessaire pour tourner la page. Et il est allé la chercher avec beaucoup de panache. Malgré un beau forcing de Nibali dans le nouveau col situé à 41 kilomètres de l'arrivée, Gilbert est resté dans la roue, tout comme les dix coureurs les plus forts aujourd'hui. Parmi eux figuraient Lastras, Scarponi, Sanchez, Nieve, Uran, Barredo, Fuglsang, ...

Dans la descente, Gilbert prenait les devants pour s'éviter toute mauvaise surprise sur une route détrempée. C'était joliment vu puisque dans sa roue, Vincenzo Nibali, récent vainqueur du tour d'Espagne, chutait et perdait toutes ses chances de victoire.

En bas de cette descente, à 27 kilomètres de l'arrivée, Gilbert était seul. La faute sans doute à des relances trop sèches et à des trajectoires idéales. Scarponi pointait toutefois à 10 petites secondes tandis que le reste des outsiders étaient à 30 secondes. Le tenant du titre a tout de même attendu d'être dans les 20 derniers kilomètres, et d'avoir une minute d'avance sur le groupe de poursuivants, pour attendre Scarponi, qui avait maintenu l'écart : 10 secondes.

Soulignons que l'Italien a joué le jeu et ne s'est pas contenté de rester dans la roue du leader d'Omega-Pharma, contrairement à ce qu'avait fait son compatriote Pozzato tout au long des mondiaux de Geelong. Après une collaboration de 15 kilomètres, Gilbert lâchait Scarponi dans la dernière difficulté, pour s'imposer en solitaire.

Scarponi et Lastras sont sur le podium tandis que Fuglsang et Nibali complètent le top 5. La saison est terminée au niveau des classiques, les prochains directs commentés se tiendront donc en mars 2011 avec le circuit Het Nieuwsblad et les premières classiques. Nul doute que Gilbert, Boonen et nos autres compatriotes nous feront encore vibrer !