La transfusion sanguine utilisée par le Kazakh Alexandre Vinokourov est une méthode inscrite sur la liste des interdictions éditée par l'Agence mondiale antidopage (AMA) qui a pour objectif d'améliorer la circulation de l'oxygène dans le sang en augmentant le volume des globules rouges.

Il existe deux sortes de transfusions : homologues (avec le sang d'un donneur compatible ayant les mêmes groupes et rhésus) et autologue (avec son propre sang). Le principe d'action est le suivant : il s'agit dans un premier temps de se retirer du sang. En déficit soudain de globules rouges, l'organisme se met à en fabriquer (érythropoïèse) pour compenser. Quelques jours plus tard, lorsque le stock de globules rouges est reconstitué, on réinjecte la même quantité de sang que celle qui a été prélevée (homologue) ou bien le sang prélevé et entre-temps réfrigéré ou congelé.

Les transfusions homologues ont l'avantage de ne pas "pomper" le sang du sportif qui cherche à améliorer sa performance et se trouve donc affaibli temporairement. Les transfusions homologues sont décelables depuis 2004 par un test mis au point par le laboratoire de Lausanne, qui identifie clairement les deux populations de globules rouges.

"Ce qui me stupéfie, c'est que l'on puisse encore utiliser la transfusion homologue, qui est détectable depuis les Jeux d'Athènes", a déclaré Michel Audran, professeur du laboratoire de biophysique et de bioanalyse de l'université de Montpellier. "On prend les globules rouges du donneur, on se les injecte, ce qui augmente la masse d'hémoglobine qui transmet l'oxygène aux muscles. Ça permet plus d'endurance, de travailler plus longtemps et plus fort. Mais, si l'on est contrôlé, la probabilité de ne pas être détecté est très faible, de 1 pour 7000 !"

Aucun test n'existe par contre pour déceler la transfusion autologue... (Belga et AP)